Archive for the ‘Bienpensance’ Category

Une constance de l’esprit humain (Revel)

septembre 20, 2008

La longue tradition, échelonnée sur deux millénaires et demi, des œuvres des utopistes, étonnamment semblables, jusque dans les moindres détails, dans leurs prescriptions en vue de construire la Cité idéale, atteste une vérité: la tentation totalitaire, sous le masque du démon du Bien, est une constante de l’esprit humain. Elle y a toujours été et y sera toujours en conflit avec l’aspiration à la liberté.

Jean-François Revel, in La Grande Parade

Mardi 13 Juin 2000 (Jean-François Revel)

mai 31, 2008

Mardi 13 Juin. Le nouveau président de la Ligue des droits de l’homme, Michel Tubiana, énonce, à l’occasion de sa prise de fonctions, les deux tâches principales de la Ligue aujourd’hui : la régularisation inconditionnelle de tous les sans-papiers et la lutte contre la mondialisation. Sans même relancer la discussion sur le bien-fondé intrinsèque de ces deux deux objectifs, on se demande comment l’ardent président ne voit pas qu’ils sont parfaitement incompatibles ? Rejeter la mondialisation, c’est, en effet, réclamer le retour à la fermeture des frontières. C’est donc exiger, à l’entrer de chaque pays, le rétablissement d’un contrôle très sévère, qui rendrait pratiquement impossible le flot actuel de l’immigration clandestine. Le principe de non-contradiction ne doit pas figurer dans les statuts de la Ligue.
La mondialisation n’est en tout cas pas le danger qui menace le plus la Corée du Nord. Et pourtant, elle a eu 3 millions de morts de faim en deux ans : la population y est passée de 24,5 millions d’habitants en 1997 à 21,4 millions en 1999. Et ce génocide alimentaire s’y poursuit, bien que le régime totalitaire communiste de Pyongyang soit, par habitant, le plus aidé du monde, juste devant Cuba, et avec des résultats aussi brillants. Mais la Ligue des droits de l’homme a évidemment de plus nobles sujets de méditation.
L’un d’eux pourrait être l’Afrique. J’écoutais, la nuit dernière, un reportage de Radio France Internationale sur Kisangani, en République « démocratique » du Congo. Les quelques 330 000 habitants de cette ville ont dû partir ou ont tenté de le faire pour échapper aux coups mortels des bandes armées qui depuis cinq ans sillonnent le pays et massacrent les populations. Ce sont des troupes venues du Rwanda, de l’Ouganda, de l’Angola ou du Zimbabwe, sans compter l’armée congolaise elle-même et les rebelles congolais qui veulent renverser le « président » Laurent-Désiré Kabila. Le plus gros des victimes appartient à la population civile, qui est soit exterminée , soit obligée de fuir dans des forêts impénétrables où elle meurt généralement de faim. Il est hors de question que l’aide alimentaire internationale puisse parvenir à ces pauvres gens; et les casques bleus de l’ONU ont été prestement éjectés par Kabila. Toute l’Afrique offre peu ou prou ce spectacle, celui de guerres entre États, l’Éthiopie et l’Érythrée par exemple, ou de guerre civiles, c’est-à-dire entre ethnies, avec les exterminations et mutilations de la Sierra Leone ou du Liberia, du Soudan méridional ou du Rwanda en 1994 ou du Burundi quelques années plus tôt? L’expression « violations des droits de l’homme » sonne presque comme un euphémisme pour désigner ces bains de sang permanents. Et c’est en vain que les fanatiques du politiquement correct s’évertuent à en attribuer à l’Occident la responsabilité. Sur le plan économique, il y a longtemps que l’Occident s’est détourné de l’Afrique et ne veut même plus y investir. Sur le plan politique, s’il est vrai que certains pays européens, comme la France au Rwanda, ont joué un rôle néfaste, il n’en reste pas moins que le moteur principal des génocides est autochtone. Entre les massacres dus au racisme intertribal et les dictateurs rapaces ou à demi fous qui pillent et minent méticuleusement leur pays, la pauvre Afrique est encore plus mal arrivée qu’elle n’était partie.

Jean-François Revel, in Les Plats de Saison

Une absurdité (Lysander Spooner)

mai 3, 2008

XII
Un gouvernement qui aurait le droit de punir les hommes pour leurs vices est une impossibilité naturelle ; parce qu’il est impossible qu’un gouvernement ait des droits autres que ceux déjà détenus par les individus le composant, en tant qu’individus. Ils ne pourraient pas déléguer à un gouvernement des droits qu’ils ne possèdent pas eux-mêmes. Ils ne pourraient pas déléguer au gouvernement d’autres droits, excepté ceux qu’ils possédaient eux-mêmes en tant qu’individus. Sérieusement, personne, à part un imbécile ou un imposteur, ne prétend qu’il a, en tant qu’individu, le droit de punir d’autres hommes pour leurs vices.

Mais n’importe qui et tout le monde a le droit naturel, en tant qu’individu, de punir d’autres hommes pour leurs crimes ; car tout le monde a un droit naturel, non seulement de défendre sa propre personne et ses biens contre des agresseurs, mais aussi de porter assistance et défendre tout autre, dont la personne ou les biens sont violés. Le droit naturel de chaque individu à défendre sa personne et ses biens contre un agresseur et de porter assistance et de défendre tout autre dont la personne ou les biens sont violés, est un droit sans lequel les hommes ne pourraient pas exister sur terre. Et un gouvernement n’est légitime que dans la mesure où il incarne ce droit naturel des individus, et est limité par ce même droit. Mais l’idée que chaque homme aurait un droit naturel de décider quelles sont les vertus, et quels sont les vices de son voisin – c’est-à-dire, lesquels contribuent à son bonheur, et lesquels ne le font pas – et de le punir pour se livrer à toute action qui ne contribuerait pas à son bonheur, c’est cela que personne n’a jamais eu l’impudence ou la démence d’affirmer. Seuls ceux qui affirment qu’un gouvernement possède des droits de coercition légitime, sans qu’aucun individu, ou groupe d’individus, ne lui ait jamais, ou aurait pu, déléguer de tels droits, affirment que le gouvernement a un droit légitime de punir les vices.

Cela conviendrait à un pape ou un roi – prétendant avoir reçu du Paradis l’autorité directe de régner sur ses congénères – de réclamer le droit, en qualité de représentant de Dieu, de punir les hommes pour leurs vices ; mais cela serait totalement absurde pour n’importe quel gouvernement, proclamant détenir son pouvoir par la volonté de ceux qu’il gouverne ; parce que chacun sait que ceux qu’il gouverne ne le lui accorderont jamais. S’ils le lui accordaient ce serait absurde, parce que cela équivaudrait à lui déléguer leurs propres droits à chercher leur propre bonheur ; puisque déléguer leurs droits de juger ce qui sera propice à leur bonheur, c’est déléguer la totalité de leur droit à poursuivre leur propre bonheur.

Lysander Spooner in Les Vices ne sont pas des Crimes (Vices are not Crimes )

Le drôle de jeu des intellectuels communistes (Claude Roy)

mars 14, 2008


On parlait encore très peu de psychodrames à la fin de cette année 1951. J’arrivai chez Claire, vers minuit, le soir de la Saint-Sylvestre, venant d’une fête « de famille », au réveillon de mon autre « famille », chez Pierre Courtade. Tout le monde était gai. Tout le monde était très ivre. « C’est toi qu’on attendait ! » dirent mes camarades. On m’expliqua la jeu. Jean Duvignaud disait alors que chaque époque invente « son » genre littéraire: les Grecs, la tragédie ; la Renaissance, le sonnet ; l’âge classique, les cinq actes en vers avec trois unités, etc. L’âge « socialiste » avait inventé « son » genre: le procès de Moscou. C’est au procès que les réveillonneurs, ayant un peu bu, avaient décidé de jouer. On n’attendait qu’un accusé. Donc que moi. Roger Vailland était déjà le procureur, Courtade le défenseur commis d’office. Je n’avais qu’à prendre place dans le box des inculpés. Je me débattis en vain, puis me soumis au jeu. Le réquisitoire fut implacable: j’étais coupable d’infractions à dix articles du Code : sabotage de la lutte idéologique, intelligence avec l’ennemi culturel, complot avec les espions cosmopolites, haute trahison philosophique, etc. Comme je voulus discuter au cours de l’interrogatoire, procureur, avocat, témoins à charge se fâchèrent. La plaidoirie de mon avocat fut terrible : j’avais droit aux circonstances atténuantes, c’est-à-dire qu’on me délivre du fardeau de la vie aussi promptement que possible. L’alcool aidant, la bouffonnerie devenait cauchemar, la parodie blessure. Au moment du verdict (la mort, bien entendu), deux femmes de l’assistance, dont la mienne, entrèrent en crise de nerfs. Tout le monde criait, pleurait, cherchait de l’alcali dans l’armoire à pharmacie, trempait des serviettes dans l’eau froide. Procureur, avocat, accusé se penchaient sur les convulsionnaires. J’étais le seul sans doute à ne pas être ivre. Je n’étais pas le seul à me sentir honteux.
Je n’en doute plus aujourd’hui: nous étions fous. Il y’ a peut-être un moment de l’esprit où la folie atténue les responsabilités. Mais, avant d’en arriver là, bien souvent l’aliéné n’est pas que quelqu’un que sa démence décharge du fardeau d’être responsable, mais celui qui choisit la folie pour échapper au nœud qui l’étrangle, mais qu’il n’ose pas trancher.
Notre aliénation n’était que la conséquence d’une aliénation historique. Nous rationalisions et intériorisions une démence plus générale.

Claude Orland dit Claude Roy, in Nous

Le Camp de la Mort de Tolérance

août 18, 2007

Les (brèves) pensées du jour

avril 2, 2007


.Deux nouveaux liens:
Quitter la sécu
Boubouland

.En Iran, peu avares en progressisme spirituel, les Juifs suivent désormais les… enseignements de Jesus. (hat tip Lagrette)

« In obedience to the instructions of Jesus, in the new Iranian year, which has been declared year of national unity and Islamic solidarity, Iranian Jews voice their readiness to defend all national interests of Iranians and to observe the guidelines set by Supreme Leader (Ayatollah Seyed Ali Khamenei) for the sake of strengthening national unity and solidarity in the fight against present-day pharaohs, » the message said.

Nous n’en doutons pas (ou si peu).

.La mansuétude ou la véhémence extrèmes des lois à l’égard de la canaille, de la vermine ne manquent de vous surprendre? N’avez-vous donc pas encore saisis qu’ils agissent ainsi en concurrent protégeant sa part de marché ou compagnon de lutte corporatiste?

Par ailleurs, je suis fier de décerner le MRAP d’or (avec palme de la tolérance) au forum redstar09 dont on saluera la sagacité, la vigilance citoyenne digne de la regrettée Tcheka. Une bienpensance à l’épreuve de la rationnalité.

Pour une Shoah festive et citoyenne

mars 19, 2007

Attention: cette note se veut écrite au second degré. Merci d’adresser vos courriers indignés à dieudonne@nsdap.org

Monsieur le Président,
Mesdames, mesdemoiselles et messieurs les députés,
Mesdames, mesdemoiselles et messieurs les représentants des communautés musulmane, gay, beur, transexuelle, unijambiste et caissière en grande surface,

Lorsque je pris la décision d’intervenir devant vous en ce mois de Brumaire, nombreux parmis mes amis me pressèrent de renoncer, craignant que j’eusse à subir votre sanction par ce présent discours. Je tiens à les rassurer: peu importe. Si le cas se présente le gouvernement dissoudra l’Assemblée et le projet sera adopté par décret, au nom du Peuple (la paix soit sur le Peuple) et pour son bien. Je reprends.
Nul n’ignore depuis la réforme de l’Education Nationale entreprise il y’a de cela une dizaine d’année que les fondements de la France résident dans le socialisme: Egalité, Solidarité, Etat. Telle est la devise de notre République, telle est le cri du Peuple français. Hélas, il pèse sur nous mille dangers, les grèves -à la barbe de l’interdiction que nous avons édictée!- des syndicats félons, le marché noir, la montée en puissance d’une dissidence active à mater dans le sang, à écraser comme l’on écrase un moustique jaune contre un mur et les manoeuvres louches des impérialistes américains à quelques encablures de nos côtes.
Cependant, oui, j’ai confiance dans nos chances de broyer le réactionnariat capitaliste. Pourquoi? L’ensemble de ces phénomènes, de ces menaces ne sont le fait que d’un seul et unique péril auquel la République Populaire Bovéénne se voit confrontée, comme s’y virent confrontée la République Française, l’Etat Français ou nos monarchies: le sionisme, cette engeance biblique, cette méta-idéologie d’Eretz Israel la maudite. Quel est le fond profane du sionisme ? Le besoin pratique, la cupidité. Quel est le culte profane du sioniste ? Le trafic. Quel est son Dieu ? L’argent. Les sionistes se caractèrisent dès lors par des formes déterminées de délit : escroquerie, fausseté, calomnie et, surtout, usure. Il ne s’agit pas d’un simple courant d’idée mais d’une race à éradiquer. On ne guérit pas du sionisme, on le devient par sa mère et on le transmet à ses enfants, par les gènes spécifiques qui expliquent les traits communs physiques que cette canaille partage, tous autant significatifs de son état de déliquescence: le nez excessivement allongé, les cheveux bruns bouclés ou roux, un teint hâlé ou livide, le dos courbé par sa fortune. On pourrait gloser des heures sur le sioniste, sur les réseaux qu’il entretient à travers le monde, aux USA et en Israel, sur ces pseudo-intellectuels sionistes Rand, Finkielkraut, Friedman, et leurs séides complotant contre nous. Pas une décade ou sans-culottides ne passent sans que les exploits de cette vermine ne fasse les grands titres de la presse. « Refus sioniste de la nationalisation des entreprises! », « Un terroriste sioniste abat le directeur du Comité de Salut Public! », « Le sionisme international finance la fronde des blogs! ». Hélas, je ne puis m’adonner des heures à une telle revue. Votre temps est précieux et le mien aussi, comme est précieux le temps d’un de ces glorieux jihadistes palestiniens sur le champs de bataille à Gaza ou Jerusalem. Je lance devant vous et devant le Peuple (la paix soit sur lui), le visage contemplant humblement l’urne où reposent les cendres de José Bové, cet appel: éradiquons le sionisme!
Et je n’entends pas par là « prohibons la méta-idéologie propre au sioniste » mais « éradiquons les sionistes » en marchant main dans la main avec nos frères des Républiques Islamiques d’Iran, d’Irak, de Lybie pour un monde enfin à visage humain. Car la République Populaire Bovéenne ne peut souffrir de ces bacilles tuberculeux, de ces anticorps, nous livrerons le même combat que Pasteur et Koch: l’annihilation absolu de la pègre sioniste.Nous n’avons aucune velléité de jouer les antisionistes sentimentaux, prudes, candides, commettant un attentat ici et un pogrom là. Oui, Sion, écoute! Nos cœurs sont dorénavant remplis d’une détermination inexorable d’attaquer le mal à sa base et de l’extirper de sa racine à ses branches. Pour atteindre notre but, tous les moyens seront justifiés, même une alliance avec le diable. Car notre survie même l’exige, nous demeurerons résolus à achever l’extermination méthodique, industrielle mais toujours festive de la racaille sioniste. République Populaire Bovéenne, ne tremble plus et redresse fièrement la tête! Ne crains plus ton échec, nul sioniste ne pourra désormais entraver ton ascension vers l’Eden prolétarien et les lendemains qui chantent!

Pour la République, pour le Peuple, pour le Socialisme!

Les brèves pensées du jour

mars 17, 2007


. Le pouvoir au peuple, hurlez-vous? Le pouvoir à personne. Votre peuple n’est qu’un amas de veaux prêts à égorger le moindre Zarathoustra qui osera se dresser contre leur médiocrité et le socialisme rampant. Rien de plus vulgaire que cette masse et
ses idoles monstrueuses, les Moloch-Baal à qui l’on sacrifie les libre-penseurs.

.Gardez-vous bien d’imaginer que le socialisme vous permettra d’obtenir un toit, il n’offrit jamais que quatre murs, sans même une porte pour s’enfuir.

.Le progressisme, gangrénant à l’instar des « sciences sociales » la psychologie, vous a appris à considérer toute velléité hors du « bienpensant ultrasocial » grégaire telle une pathologie, voire telle l’étendard du ralliement au « réactionnariat » capitaliste, l’anté-progressisme par définition, celui qui préexistait et qui subsiste, tant bien que mal, pour le détruire.

.Le communisme promet des lendemains qui chantent, oui, mais bien davantage des requiems que l’Ode à la Joie.

Nous, les insoumis, ne sommes nullement opposés au sexe entre individus consentants mais nous refusons de nous faire sodomiser par des fonctionnaires à la verge ensanglantée, quand bien même certains y trouveraient un certain plaisir.

.Lorsque l’une de ces exécrables loques, vermine bolchevik ou canaille anarchiste, arborant fièrement un maillot Che Guevara vous crache au visage qu’il « n’est pas si favorable que cela à la violence gratuite », entendez par là non la voix du pacifisme mais de la violence payante: vous subissez et vous devez fournir à votre maître de quoi vous asservir.

edit
La nouvelle campagne de la Résistance:

Quant à l’Agglomération Paloise, elle semble manquer de lumières à défaut d’énergie (veuillez cliquer sur l’image):

Canal+: OGM pour Organisme Grossièrement Manipulateur.

février 13, 2007

La cyber-horde bêlante, beuglante s’émeut, s’embrase depuis quelques temps sur le sort réservé à un fameux reportage « censuré » par les khmers hertziens Canal+ (en novlang d’intoxiqué: « diffusé le 15 novembre 2005« ), au sujet d’un Organisme Génétiquement Modifié mis sur le marché malgré sa toxicité révélée au péril de leur vie par les « courageux » plumitifs.
Je ne saurais que vous inviter à visionner ce reportage ici [bientôt sur ftp], non seulement pour constater que les méthodes Canal+ ne changent pas (on se souvient, la larme à l’oeil, de la fameuse interview de Bush coupée [bientôt sur FTP])

Peu sujet à l’idôlatrerie du petit écran, votre serviteur s’est ainsi intéressé à l’un des protaganistes oublié de l’affaire du « Monsanto 863 », le toxicologue Gérard Pascal, lequel a accepté de nous faire part de ces deux documents:

L’historique du dossier du maïs MON 863 : vision de l’intérieur de la CGB* par l’un des acteurs au cœur de la question
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*Commission du génie biomoléculaire
1)- Le 27 mai 2003, la CGB a examiné le dossier déposé auprès des autorités allemandes d’un maïs MON 863 de Monsanto et a donné le 27 juin un avis dans lequel elle estimait impossible de se prononcer sans disposer du rapport complet de l’étude de toxicité à 90 jours chez le rat, dont elle n’avait reçu qu’un court résumé ;
2)- Ces données ont été fournies par la commission et le 28 octobre 2003, la CGB les a discutées sur la base de mon rapport d’analyse qui mettait en évidence un certain nombre de différences significatives entre le lot d’animaux « lignée parentale » non transgénique et le lot MON 863. J’ai en particulier insisté sur une hypotrophie rénale et un nombre plus important d’anomalies histologiques au niveau du rein dans le lot MON 863. Sans conclure à un risque quelconque, la CGB a demandé des explications.
3)- Après une rencontre avec des représentants de Monsanto, dont leur toxicologue américain, pour être certains d’être bien compris dans nos questions, Monsanto nous a fourni des explications sans données nouvelles, qui ne nous ont pas convaincus, ce que nous leur avons fait savoir dans un avis daté du 25 juin 2004 qui confirmait notre position d’octobre 2003, en même temps que des suggestions sur les compléments dont nous souhaitions disposer,.
4)- Répondant à nos suggestions, Monsanto nous a donc ensuite communiqué une expertise indépendante, réalisée par des anatomo-pathologistes de renom, dont l’un est le spécialiste mondial de la pathologie du rein du rat de laboratoire. Cette expertise faisait ressortir que les anomalies observées sur le rein des rats du lot MON 863 étaient de même nature que celles observées dans le lot témoin, même si elles étaient un peu plus nombreuses, mais pas statistiquement significativement, et qu’elles étaient identiques à celles observées traditionnellement chez le rat de laboratoire. Cette expertise a été « contre-expertisée » par un expert Français, le Pr. A. Parodi, ancien directeur de l’ENV d’Alfort : mêmes conclusions. Dans sa séance du 14 septembre 2004, la CGB s’est donc déclarée satisfaite pour ce qui concernait les aspects anatomo-pathologiques au niveau du rein, mais a souligné qu’elle n’avait toujours pas reçu de réponse satisfaisante pour ce qui concernait le poids des reins.
5)- De nouveaux éléments ont été fournis par Monsanto : les résultats de deux études à 90 jours chez le rat, réalisées avec deux hybrides (MON 863 X NK 603 et MON 863 X MON 810 X NK 603) renfermant l’événement de transformation MON 863. Dans ces études dont le protocole était rigoureusement identique à celui de l’étude pratiquée avec le MON 863, aucune différence entre lots témoins et lots transgéniques n’a été observée. Le poids des reins de tous les animaux se trouvaient dans la fourchette de poids des petits reins des animaux du lot MON 863 de l’essai précédent. Nous avons donc conclu finalement au manque de signification biologique et toxicologique des effets observés lors des séances de la CGB des 9 et 23 novembre 2004.

CONCLUSION :
Il me semble difficile d’accuser la CGB de légèreté dans l’examen de ce dossier puisque nous avons mis plus d’un an, avec des évaluations successives de plus en plus focalisées, avant d’arriver à une conclusion analogue à celle d’autre comités d’experts comme ceux de l’AFSSA et de l’EFSA, qui, à mon sens, s’étaient prononcés un peu rapidement. Mais je ne prétendrai pas à l’objectivité, ayant été en première ligne dans cette affaire.

Paris le 16 mars 2006

Gérard PASCAL

Analyse critique des articles de V.E . Prescott et al.(1), de l’équipe de M.Malatesta (2) et de l’équipe de Traavik (3)

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1) – Article de Prescott et al., “Transgenic expression of bean α-amylase inhibitor in peas results in altered structure and immunogenicity”(1) :

Le titre de l’article lui-même apporte une explication des résultats observés. L’expression du gène du facteur inhibiteur de l’α-amylase (aAI) du haricot, hôte naturel, dans le pois, conduit à la synthèse d’une protéine dont la structure est modifiée en raison de modifications post-traductionnelles, en particulier pour ce qui concerne la glycosylation.
La nouvelle protéine a chez la souris, un effet immunogène (elle induit une réponse anticorps IgG) et adjuvant (elle augmente la réponse immunitaire aux autres protéines), mais elle ne conduit pas à la synthèse d’IgE qui démontrerait clairement la capacité de cette protéine à induire des allergies (hypersensibilité immédiate). Des réponses du même type ont été enregistrées avec par exemple des protéines Cry, sans qu’on ait pu conclure à l’existence d’un risque allergène (j’ai des références).
En définitive, il convenait de s’assurer que si le dossier d’un tel OGM, le pois porteur du gène de l’aAI, arrivait devant une commission comme la CGB, les questions soulevées par l’article australien auraient été discutées. La réponse est oui, à n’en pas douter :
– La différence de structure entre la protéine exprimée dans le haricot et celle exprimée dans le pois aurait été détectée, en particulier les différences de glycosylation puisque, des informations sur ce point sont maintenant systématiquement demandées;
– Un risque potentiel d’allergénicité aurait été détecté lors de l’exercice de comparaison de séquences avec celles des protéines toxiques et allergènes connues, systématiquement demandée par la CGB. Ceci a d’ailleurs été le cas avec l’aAI du pois transgénique (fait par une équipe suédoise). Cette aAI présente une analogie modérée avec une agglutine d’arachide considérée comme allergène. De plus, des aAI de céréales sont connues comme allergènes.
Plusieurs signaux d’alarme se seraient donc allumés en mettant en œuvre l’approche de la CGB, qui est celle de nombreux comités scientifiques (AFSSA, EFSA, principes et lignes directrices de la FAO/OMS …). Ces alarmes auraient conduit soit à un rejet du dossier, soit à des demandes d’études plus complètes pour mieux approcher le niveau du risque allergène chez l’homme de cette aAI du pois transgénique, selon l’approche recommandée par l’EFSA ou la FAO/OMS.
L’intérêt du modèle animal utilisé par l’équipe australienne ainsi que celui d’autres modèles cellulaires, est cependant l’objet d’une évaluation d’un groupe de travail de l’EFSA sur l’évaluation de l’allergénicité des OGM.

2) – Articles de l’équipe de M. Malatesta (2) :

Je n’ai pas de compétences particulières pour juger de la qualité de la méthodologie employée pour les cinq études dont les résultats sont publiés dans des revues de biologie cellulaire, d’anatomie ou d’histochimie qui semblent disposer de comité de lecture (pas certain pour European Journal of Histochemistry).
Première publication (J. Anat. 2002) : 12 souris femelles dans chaque lot sont nourries avec un régime standard pour animaux de laboratoire renfermant 14% de soja témoin ou transgénique tolérant au glyphosate. Les animaux sont sacrifiés lorsqu’ils sont âgés respectivement de 1, 2, 5, ou 8 mois soit 3 animaux par point et par lot. Il n’y a pas de différence structurale des cellules acineuses pancréatiques chez les animaux ayant consommé l’OGM, mais une diminution de la quantité de zymogène après un mois, qui disparaît ensuite. Les variations semblent aléatoires en fonction du temps. Il y a aussi une diminution de l’α-amylase dans les tissus du pancréas mais pas de variation de l’α-amylase sérique. Pas d’hypothèse explicative.
Deuxième publication (Cell Structure and Function, 2002) : des souris femelles gravides reçoivent les mêmes régimes que dans l’essai précédent. La suite n’est pas claire. Soit 12 petits de chaque lot continuent au même régime que leurs mères et 12 changent de régime, pour chaque lot de mères, ce qui donnerait au total 24 jeunes souris dans chaque groupe, ou c’est seulement 12 petits dans chaque lot qui continuent sur le même régime que la mère (ce qui semble le plus vraisemblable). Les animaux sont sacrifiés à l’âge de 1, 2, 5 et 8 mois, ce qui correspond à 3 ou 6 souris par lot et par point selon le protocole. La consommation de l’OGM conduit à des modifications d’aspect des noyaux hépatocytaires interprétées comme l’indice d’un métabolisme accru. Il n’y a cependant pas de modifications des protéines hépatiques majeures, pas plus que des organites cytoplasmiques. Pas d’hypothèses explicatives.
Troisième publication (European Journal of Histochemistry, 2003) : deux lots de souris gravides consommant toujours les mêmes régimes ont donné naissance à des petits ; 12 femelles dans chaque groupe ont continué à recevoir le régime de leur mère. Elles ont été sacrifiées à l’âge de 1, 2, 5, ou 8 mois. Ici il est clair qu’il y avait donc 3 souris par groupe et par point. La consommation de l’OGM conduit à des modifications fines de structure du noyau des cellules acineuses pancréatiques qui impliqueraient en particulier une baisse du trafic moléculaire entre noyau et cytoplasme. Ces résultats seraient en accord avec ceux précédemment publiés. Pas d’hypothèse explicative.
Quatrième publication (European Journal of Histochemistry, 2004) : même protocole que le précédent sauf qu’il n’y a pas de sacrifice à 1 mois et que les petits mis en expérience sont des mâles. La consommation de l’OGM conduit au niveau des testicules, à des modifications (par exemple, augmentation des granules de périchromatine) transitoires (à 2 et 5 mois mais plus à 8) dans les cellules de Sertoli et les cellules germinales. Cette fois, il est suggéré que ces effets pourraient être dus à des résidus de glyphosate sur le soja trangénique qui, puisque tolérant, a été traité au champ ( ?!).
Dernière publication (European Journal of Histochemistry, 2005) : protocole identique sauf que ce sont seulement 12 jeunes souris qui sont conservées, soit 6 par groupe, témoin ou transgénique, nourries jusqu’à l’âge de 3 mois avec le régime de leur mère et dont on échange le régime ensuite pendant 1 mois, pour juger de la réversibilité des différences observées au niveau du noyau des hépatocytes. Les résultats montrent que les différences déjà observées sont réversibles, mais aussi qu’elles sont rapidement (1 mois) inductibles. Cette fois, à l’hypothèse de la responsabilité de résidus de glyphosate sur le soja OGM, s’ajoute celle d’une modification des teneurs en phytooestrogènes.
Une critique majeure, valable pour tous les articles, doit être faite : la nature des sojas témoin et transgénique n’est absolument pas précisée. Pour le soja transgénique, la seule précision apportée est une référence à un article de Padgette et al. de 1995, décrivant le développement d’une lignée de soja tolérant au glyphosate et le principe utilisé ; mais quelle est la lignée utilisée ici dans les expérimentations ? A-t-elle vraiment été traitée au glyphosate, à quelle dose, quels sont les résidus de glyphosate et de ses métabolites ? Quels sont les niveaux de présence des phytooestrogènes, desquels ?
Quelle est la lignée témoin, quelle composition ? Si on fait des hypothèses sur les explications des résultats enregistrés alors que l’on peut les vérifier puisqu’on dispose des sojas témoin et transgénique, pourquoi ne pas le faire ?
Le travail est peut être bien fait mais ininterprétable : il n’aurait jamais été publié dans des revues de toxicologie et/ou de nutrition. La première chose à faire est de caractériser le matériel avec lequel on travaille ! Les références sont de plus orientées (par exemple références multiples à Pustzai et à Schubbert et al., des citations comme « some authors have investigated the potential passage of a part of the modified genome through the gut », sans que les critiques , publiées, de ces articles ne soient évoquées).
Je ne commenterai pas le nombre d’animaux par groupe et par âge au sacrifice !

3) – Article de l’équipe de Traavik (3):

Il s’agit de la démonstration de la capacité du promoteur 35S du virus de la mosaïque du chou-fleur (d’utilisation quasi universelle dans les plantes GM) de s’exprimer dans des cellules de mammifères et de conduire à l’expression de gènes dans ces cellules. Le modèle est celui de cellules Caco-2, cellules cancéreuses colique d’origine humaine, dans lesquelles le promoteur 35S a été capable de conduire à l’expression des gènes rapporteurs gjp et luc introduits simultanément.
Bien que soulignant le caractère artificiel du modèle (ce que je ne manque jamais de faire, car les Caco-2 sont des cellules cancéreuses), les auteurs évoquent le risque qu’il pourrait alors y avoir si ce promoteur pouvait traverser intact la barrière intestinale de l’homme et s’incorporer dans ses cellules intestinales et alors interférer avec l’expression de gènes. Ils prennent cependant soin de préciser que l’on n’a jamais mis en évidence la captation du promoteur 35S intact dans les cellules de quelque espèce que ce soit. Au cours de l’article, il est fait référence plusieurs fois à un article (4) de mes collègues de l’INRA, M. Tapfer et L.M. Houdebine, laissant entendre qu’ils ont les mêmes préoccupations qu’eux. Me doutant bien que ça n’était pas le cas, j’ai analysé leur article puis interrogé L.M. Houdebine. Voici sa réponse « Je connais l’article des norvégiens. Il ne contient rien de plus que ce que nous avons publié. Les conclusions des norvégiens sont erronées et ils nous font dire le contraire de ce que nous avons dit ». M. Tepfer vient d’ailleurs d’écrire à l’éditeur à ce sujet.

Références :
(1) – Prescott V.E., Campbell P.M., Moore J.M. et al., (2005), Transgenic expression of bean α-amylase inhibitor in peas results in altered structure and immunogenicity, J. Agric. Food Chem., 53, 9023-9030;
(2) – Malatesta M., Caporaloni C., Rossi L. et al., (2002), Ultrastructural analysis of pancreatic acinar cells from mice fed on genetically modified soybean, J. Anat., 201, 409-415;
– Malatesta M., Caporaloni C., Gavaudan S. et al., (2002), Ultrastructural morphometrical and immunocytochemical analysis of hepatocyte nuclei from mice fed on genetically modified soybean, Cell Structure and function, 27, 173-180;
– Malatesta M., Biggiogera M., Manuali E. et al., (2003), Fine ultrastructural analysis of pancreatic acinar cell nuclei from mice fed on genetically modified soybean, European Journal of Histochemistry, 47, 385-388;
– Vecchio L., Cisterna B., Malatesta M. et al., (2004), Ultrastructural analysis of testes from mice fed on genetically modified soybean, European Journal of Histochemistry, 48, 449-454;
– Malatesta M., Baldelli B., Battistelli S. Et al., (2005), Reversibility of hepatocyte nuclear modifications in mice fed on genetically modified soybean, European Journal of Histochemistry, 49, 237-241.
(3) – Myhre M.R:, Fenton K.A. Eggert J., Nielsen K.M., Traavik T., The 35S CaMV plant virus promoter is active in human enterocyte-like cells, (2006), Eur. Food Res. Technol., 222, 185-193.
(4) – Tepfer M., Gaubert S., Leroux-Coyau M., Prince S., Houdebine L.M., (2004), Transient expression in mammalian cells of transgenes transcribed from the Cauliflower mosaic virus 35S promoter, Environ. Biosafety Res., 3, 91-97.

Le 27 février 2006

Gérard PASCAL

Contre le troupeau bolcho-libertaire, l’achat!

novembre 24, 2006


La racaille mystique anti-capitaliste lance son énième journée sans consommation le samedi 25 Novembre. Profitez-en pour faire vos emplettes, les magasins seront vides de ces barbares loqueteux et cela constituera l’occasion d’un acte véritablement subversif.

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