Archive for the ‘Politique Internationale’ Category

Adieu Cox and Forkum!

octobre 1, 2007

John Cox et Allen Forkum mettent fin à leur blog, votre serviteur pleure depuis à chaud bouillon ces véritables icônes objectivistes du web.

A lire ici

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une action spectaculaire des opposants iraniens à Paris

juin 15, 2006


Trouvé chez Iran Resist (hat tip: Couhoulinn)

Hier soir, deux iraniens ont descendu en rappel le long de la Façade de l’Arc de Triomphe, à Paris, Place de l’Etoile pour déployer une banderole de revendications communes à l’ensemble des opposants iraniens : Européens ! empêchez la Chine et la Russie de se poser en arbitre dans les négociations qui doivent empêcher le régime des mollahs d’ acquérir la puissance nucléaire militaire !

Ces courageux alpinistes d’un genre nouveau s’étaient entraînés pendant 14 jours pour arriver comme touristes sur le toit du célèbre monument parisien, casser la barrière métallique anti-suicide, y accrocher leurs cordages et de descendre jusqu’à la première corniche pour y élire domicile.

Ils ont alors par téléphone portable annoncé le succès de l’opération à leurs amis au sol qui ont aussitôt pris la peine d’alerter l’AFP. Vers 22H30, la police française a interpellé une manifestante qui soutenait, à terre, ses camarades voltigeurs. Leurs exigences : Parler aux ambassadeurs Russe ou Chinois ou encore, avoir une conférence de presse pour délivrer leur message au monde libre.

Leur détermination a payé au bout de 24 heures et la préfecture de police de Paris a autorisé la conférence de presse. Les alpinistes d’un jour ont abandonné leur nid d’aigle bâti par un autre homme mu par une volonté titanesque dont l’emblème était un aigle.

A la Conférence de Presse, ils ont dit : Les Iraniens méritent mieux que ce régime impopulaire et sanguinaire… Les opposants sont pour un changement radical, mais ne veulent pas utiliser le terrorisme aveugle et assassin… Nous demandons l’aide de l’Europe pour mettre fin au triple chantage exercé par l’axe Téhéran-Moscou-Pékin.

L’action est l’oeuvre du parti Derafsh (é) Kaviani : le drapeau légendaire et original de l’Iran serait le Derafsh (é) Kaviani, ce mouvement utilise ce symbole (le Derafsh) refusant même d’utiliser le vrai drapeau patriotique iranien utilisé depuis le XIXe siècle.

Il s’agit d’un mouvement activiste anti-islamique qui a déjà fait parler de lui avec un détournement d’avion d’un genre inédit : les 50 membres du Tondar [1] qui voyageaient en groupe à bord d’un vol Lufthansa avaient, à l’arrivée à Munich, refusé de descendre de l’avion en signe de protestation contre la complaisance de l’Union-Européenne vis-à-vis du régime de Téhéran.

Une autre action spectaculaire à leur actif pour faire parler d’eux et pour dénoncer la politique pro-mollahs de l’UE s’est déroulée à Bruxelles : un cortège géant de mariés avait trompé la vigilance des policiers et envahi le parterre du siège de l’U.E… Donc toujours des actions très médiatisées mais très pacifistes aussi !

En 2005, leur objectif était de protester contre la complaisance de la Troïka dans les négociations avec les mollahs menteurs. Depuis, on sait tous qu’ils avaient raison de le faire car les mollahs se moquaient bien de trouver une solution pacifique au problème nucléaire et cherchaient à gagner du temps.

Et cette fois le but était de protester contre l’ingérence russe et chinoise dans le dossier nucléaire iranien et aussi contre le parti pris de l’U.E. pour l’Iran et son absence de réaction énergique face à un péril certain (que nous dénonçons régulièrement). Voici les images de ces alpinistes qui ont vaincu un sommet non répertorié et nous saluons leur courage et leurs revendications politiques qui sont globalement les nôtres.

Voici donc, les images de ces alpinistes d’un genre nouveau. Dans cette histoire, IRAN-RESIST ne condamne que l’usage du Derafsh et l’absence délibérée du véritable drapeau iranien qui fédère tous les patriotes iraniens et qui est le témoignage de notre unité face au régime des mollahs : le drapeau iranien frappé du Lion et du Soleil, symboles de l’Iran véritable.

Plus de photos ici: ici

On ne peut qu’applaudir!

Quand Chirac veut faire plaisir à l’Afrique, c’est…

décembre 6, 2005

Quand Chirac veut faire plaisir à l’Afrique, c’est au détrimentde la France et du libéralisme.

Il y’a fort à parier que notre cher Président (béni mille fois soit son nom) monsieur Jacques Chirac n’a pas du subir des séances de marabout pour s’afficher « contre certaines évolutions trop libérales » à Bamako lors de sa visite au Mali chez son grand ami Amani Toumani Touré.
Notre cher Président (béni mille fois soit son nom) a continué en expliquant que ces évolutions « risquent de nous conduire à une satisfaction donnée aux pays riches et aux pays émergents, en matière commerciale et notamment agricole, au détriment des pays les plus pauvres ». C’est bien connu, les libéraux prônent un protectionnisme exacerbé visant à empêcher les pays pauvres de se développer. Prenons un exemple : grâce à la PAC (financée en grande partie par la perfide Albion), le producteur européen se voit garantir que sa production sucrière sera achetée 630 euros la tonne. Les surproductions sont vendues par l’UE entre 130 et 250 euros la tonne, ce qui a pour conséquence de casser les prix. Les tarifs douaniers élevés pénalisent aussi les producteurs du tiers-monde et rendent la concurrence déloyale. Le libéralisme a bon dos, lui qui propose une réforme (voire, pourquoi pas, la suppression) de la PAC et le libre-échangisme.
Donc, que suggère notre cher Président (béni mille fois soit son nom) ? Rien de moins que doubler l’aide publique au développement pour atteindre 150 milliards de dollars. Ah, une idée formidable. Avec 2000 milliards d’euros de dettes, l’Etat français va encore financer les Dictateurs Africains Réunis à l’instar du désormais fameux Mswatti III, roi du Swaziland qui s’est offert outre une Maybach 62 , une dizaine de BMW et autant de palais -destinés à ses nombreuses épouses -alors que 38% de ses sujets sont séropositifs. Heureusement El Chi a vite rassuré le contribuable français : « Nous ne le ferons pas à partir des budgets des Etats seulement et par conséquence nous avons beaucoup insisté sur l’importance capitale à mettre en place des financements innovants qui permettent de rassembler cette somme, grâce à une taxation, sous une forme ou sous une autre, internationale. C’est vital ». Ah ça va mieux. Une nouvelle taxe, (comme « financement innovant » on a connu mieux) comme si cela ne suffisait pas au goulag français. Ah, je m’égare. Notre cher Président (béni mille fois soit son nom) ne se limite pas à la France. A idée « solidaire », ambition internationale, cela va de soit. Le monde entier va nous remercier pour notre générosité.
Récapitulons donc la positions française sur le problème africain : la PAC qui se fait au détriment des paysans du Tiers-monde et des contribuables occidentaux, des tarifs douaniers élevés truquant la concurrence, une aide inadéquate financée par une énième taxe…. Vous y croyez ? Pas moi. L’ Histoire et la simple logique économique montrent que ce n’est pas l’intervention de l’Etat (voire de plusieurs) qui résout les problèmes de pauvreté. Bien au contraire, celui-ci est un frein à l’enrichissement des plus démunis.
Quelles alternatives peut-elle être envisagées ? Le libre-échangisme va de soit, ce n’est pas en fermant nos frontières que l’on va participer au développement du Tiers-Monde. Rajoutez à cela, la démocratie libérale (qui permet outre de s’éloigner du totalitarisme une stabilité économique, vecteur essentiel des investissements étrangers) et vous obtiendrez la solution libérale : éthique (respect des droits fondamentaux), efficace et humanitariste.

Tunisie, Internet, et la nouvelle campagne des cyb…

octobre 14, 2005

Tunisie, Internet, et la nouvelle campagne des cyber-dissidents « Fock, Yezzi ».

Indépendante depuis 1956, la Tunisie apparaît à première vue comme une jolie petite république démocratique du Maghreb, forte de son rôle dans la lutte mondiale contre l’islamisme.

Hélas, force nous est de constater qu’il en est tout autrement. Si effectivement les dirigeants tunisiens ont bien combattu l’islamisme ( suppression du droit islamique, émancipation des femmes..), le pays n’en est pas pour autant un modèle de respect des droits et libertés individuelles.

En 1987, après le putsch médical du général Zine El-Abidine Ben Ali (en vue de renverser Bourguiba, dont le règne de 29 ans se terminait avec une crise majeure en toile de fond), nombreux sont ceux qui ont cru à un renouveau : fin de la présidence à vie, limitation du mandat présidentiel à trois, reconnaissance de nombreux partis, libéralisation de l’économie.… Cela ne durera pas, les vieux démons ont rapidement repris leurs droits :en 1994, Ben Ali est le seul candidat à sa succession ; en 1999 où deux autres candidats se présentent il est élu à 99,6% (vous avez dit « bizarre » ? comme c’est étrange..); en 2002 il réforme la constitution en vue de pouvoir être élu jusqu’en 2014 ; en 2004, il réalise malgré la candidature de trois opposants 94,48% des suffrages.

Pour assurer son pouvoir et combattre l’opposition, le président tunisien n’a de cesse de bafouer les Droits de l’Homme et en particulier celui d’expression. Les ONG telles que TMG (Groupe d’Observation de la Tunisie) ou Reporter Sans Frontières ont publié des rapports alarmants sur la situation.

Internet n’est pas à l’écart de cette répression sauvage. Il faut savoir que la Tunisie a entrepris depuis le milieu des années 90 une vaste campagne de développement de ce media, en particulier pour des raisons économiques : 500 000 internautes sur 10 millions d’habitants font de ce pays le leader maghrébin en terme d’ utilisateurs. Les fournisseurs d’accès se sont multipliés (une dizaine dont la moitié sont privés) ainsi que les Publinets, des cybercafés publiques.

Les dissidents tunisiens muselés par la censure dans la presse classique ont rapidement investi cet espace de liberté en publiant un grand nombre de sites (dont les fameux Kalima et TUNeZINE).

Malheureusement le pouvoir tunisien a su s’adapter très rapidement à cette nouvelle menace (si, si, parfaitement une menace !), en mettant en place une véritable cyber-police. La mission de celle-ci consiste à bloquer, fermer, répertorier les sites jugés dangereusement subversifs. Les fournisseurs d’accès appartenant tous à des personnes proches du gouvernement (dont la propre fille de Ben Ali) ont pour obligation de signer un contrat stipulant que l’utilisation d’internet doit se limiter « à des fins scientifiques, technologiques, commerciales, strictement en rapport avec les activités des clients ». Autrement dit, un usage plus que restreint. Le simple fait de consulter un site dissident peut vous conduire en prison Les Publinets sont soumis à une surveillance big-brothesque et le gouvernement tunisien a diminué considérablement les autorisations pour ouvrir un cyber-café. En vertu de cette censure démesurée, des centaines de cyber-militants ont été arrêtés par la police. On cite régulièrement le cas de Zouhair Yahyaoui qui, après avoir subi la torture, a donné les codes d’accès à son site.

Les dissidents tunisiens sont contraints de se cacher, d’utiliser des techniques informatiques pour ne pas se faire repérer sur la toile, d’ héberger leur site à l’étranger, voire de s’exiler.

Afin de faire comprendre au général leur ras-le-bol et se rappeler à son bon souvenir, ces gens ont décidé d’entreprendre à l’occasion du Sommet Mondial pour la Société de l’Information une campagne inédite en Tunisie à travers le site yezzi.org : une cyber-manifestation contre le régime sous le slogan « Yezzi, Fock », ce qui signifie en dialecte tunisien « Ca suffit ». Les cyber-manifestants apparaissent pour la plupart le visage caché, craignant la répression.
Si la loi tunisienne n’empêche pas officiellement les manifestations publiques, la police les répriment néanmoins systématiquement au nom de la sécurité.
Néanmoins, le site a été censuré 18 heures après son lancement et il est maintenant hébergé à l’étranger, hors du pouvoir des sbires de Ben Ali.
Imaginer un seul instant que cette contestation pourrait entraîner la chute du régime relèverait de l’illusoire : il s’agit surtout d’exprimer le mécontentement des Tunisiens mais aussi de faire parler d’eux notamment à l’étranger où l’on ignore royalement la situation.

Ayant entendu parler de cette initiative par deux libéraux tunisiens, Mourad Dridi et Neila Charchour Hachicha (du Parti Libéral Méditerranéen), j’ai décidé de les rejoindre dans leur combat en envoyant moi aussi ma photo. Je vous invite à faire de même.

Ben Ali, Fock, !! Yezzi!! Et tant qu’à faire, va pourrir en enfer!

Plaidoyer pour un front démocratique uni Je me d…

juillet 17, 2005

Plaidoyer pour un front démocratique uni

Je me dois tout d’abord de rappeler, au su de ce que je lis parfois, ce qu’est la démocratie : le gouvernement du peuple, c’est-à-dire de l’ensemble des citoyens avec un poids égal. Afin de percevoir les envies des citoyens, on organise des élections à échéance fixe (environ cinq ans selon le poste et le pays) où chacun doit être libre de s’inscrire- ce qui subodore la liberté d’expression, de pensée de circulation. (A cela on pourrait rétorquer que les 500 signatures de maires nécessaires pour être candidat aux présidentielles françaises ne nous classent pas dans la rubrique démocratie : en vérité il s’agit surtout là d’un problème organisationnel afin d’éviter entre autres les candidatures comiques ; n’oublions pas non plus que les maires sont élus). Le vote se doit d’être secret afin qu’il ne puisse s’exercer des pressions. On élit ainsi un gouvernement. Un autre vote doit concerner le Parlement, c’est-à-dire une ou deux assemblées (en France le Sénat et l’Assemblée Nationale) qui contrôleront les mesures du gouvernement (et en proposer d’autres) afin d’éviter tout dérapage. Il s’agit là de la dimension nationale de la démocratie. Toutes les décisions du pays ne peuvent être cependant prises par le gouvernement : aux USA, le gouvernement de Washington ne peut connaître tous les problèmes de la Californie. Il est donc nécessaire de décentraliser en partie les pouvoirs d’une part afin d’être plus proche des citoyens et d’autre part afin de minimiser la capacité d’action de chacun. Tocqueville a beaucoup insisté sur ce point dans « De la démocratie en Amérique ».
L’avantage de la démocratie est de donner un certain pouvoir sur eux-mêmes aux peuples et de les soustraire de la volonté des despotes. Il convient de donner une éducation correcte afin d’éviter encore une fois des dérapages. Il convient de souligner que la démocratie n’est en aucun cas exempte de défauts (par exemple Hitler, Mussolini, Allende..et d’autres ont pu être élus ). Elle reste toutefois le meilleur modèle n’ayant jamais existé.

Revenons à nos moutons.

Alors que les livres scolaires nous bombardent de phrases du type « pendant la Guerre Froide, le monde était bipolaire ; il est aujourd’hui multipolaire », il faut raison garder. En réalité, le monde reste bipolaire : la démocratie s’oppose toujours au totalitarisme, à l’autoritarisme, à l’extrémisme. Seulement il faut bien voir que cela gênerait bien trop les convictions gauchisantes de l’Education Nationale de reconnaître que l’Occident « américanisé » représente la démocratie, la liberté.
Pourtant le concert démocratique n’est qu’une cacophonie autant ignoble qu’inaudible. Nous sommes faibles, beaucoup trop faibles. Nous nous amollissons par nos divisions, notre manque de cohésion, notre soi-disant « realpolitik » (si ceci peut être vrai pour la Chine ou les pays pétroliers, je me demande ce qu’on peut tirer d’une amitié avec Kadhafi ou Castro) et notre manque de courage : comment peut-on imaginer sans bondir le « non » à l’intervention en Irak venant d’un pays aussi majeur que la France ? Ainsi le pays de Tocqueville se range du côté de la Russie, de la Chine, des régimes arabes. On se rappellerait presque un 29 septembre 1938 à Munich.
A chaque rencontre entre démocrates et despotes, c’est ce souvenir douloureux pour notre pays qui resurgit. Que ce soit avec Hitler, les régimes communistes, les nazislamistes ou les dictateurs-bananes, nous les accueillons, négocions des accords commerciaux, accordons notre amitié. Ceci, je crois, se retrouve surtout (mais c’est loin d’être un cas unique) dans notre chère politique étrangère française que le monde entier nous envie et qui s’est si souvent fâchée avec l’honteuse politique étrangère des USA. (Etrangement, quand les pays se démocratisent –la Pologne, l’Irak entre autres- ils tendent à s’éloigner de nous et à se rapprocher des Anglo-Saxons). Qui se souvient de notre idéal révolutionnaire de propagation de la démocratie ?

Beaucoup de gens imaginent encore que les instances internationales, et particulièrement l’ONU doivent gérer ces problèmes. Quelle organisation serait donc capable de propager la démocratie ?
L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan ou Nato) ne peut convenir : bien qu’il regroupe presque exclusivement -mais non exhaustivement- des démocraties, il reste une organisation strictement militaire sans représentation politique. Au passage, les décisions sont prises par consensus et non uniquement par les USA.
L’Organisation des Nations Unies que tout le monde vante tant m’apparaît personnellement comme un reliquat de la Seconde Guerre Mondiale : un Conseil de Sécurité où siègent les vainqueurs (dont la Chine et la Russie qui se soucient peu on le sait de liberté ou de démocratie et elles disposent du veto) de ce conflit et une assemblée où on peut retrouver les pires régimes existant parmi les 191 membres. Les démocraties étant loin d’être majoritaires, on ne peut s’attendre à une démocratisation de la part de l’ONU.
L’Union Européenne ou l’Asean ne sont pas plus légitimes pour intervenir puisque cantonnées à une zone géographique.

Une nouvelle organisation regroupant l’ensemble des démocraties choisies sur des critères précis est donc nécessaire.

L’ Iran, l’ Islam ……. Et les « élections » Ce …

juin 27, 2005

L’ Iran, l’ Islam ……. Et les « élections »

Ce samedi 25 Juin 2005 avaient lieu sous le regard plus ou moins attentif des médias du monde entier des élections présidentielles en Iran. Pour la première fois, on eut droit à un deuxième tour opposant le « modéré » Rafsanjani à l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad. Mais dans la réalité, tout ceci ne constitue qu’une vaste farce sur laquelle je reviendrais un peu plus tard.

L’Iran appartient à ces pays qui n’ont jamais connu la démocratie de leur existence. Pendant des siècles, au fil de l’histoire et des invasions, les dynasties et les empires se succèdent : Kassites, Mèdes, Achéménides, Séleucides, le Califat, invasion des Seldjoukides et des Mongols, puis plusieurs dynasties : Ilkhanians, Timourides, Safavides, Afchars, Zands et Qajars à l’orée du XXieme siècle. Comme on peut le voir, son instabilité politique ne date pas d’aujourd’hui.
Le siècle qui vient de s’écouler n’est pas en reste. En 1906, la Révolution Constitutionnelle établit une monarchie constitutionnelle toujours dirigée par les Qajars. On découvre du pétrole en 1908. En 1925 Reza Khan, alors premier ministre organise un coup d’ état, s’autoproclame Chah (ou Shah) et fonde la dynastie Pahlavi. Durant son règne, il organise la modernisation du pays en bâtissant des universités, des Chemins de fer ; on observe un début d’industrialisation. Compromis avec les nazis, Reza est obligé d’abdiquer en faveur de son fils Mohammad Reza Chah Pahlavi en 1941. Suite à un désaccord sur la gestion du pétrole et des problèmes institutionnels, le Shah est renversé par son premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh (fortement anti-britannique ) et doit s’exiler quelques jours avant de revenir au pouvoir aidé par la CIA et le MI6.

Il instaure alors un régime autoritaire, supprime le multipartisme, et combat les religieux musulmans . D’un autre côté, il s’attaque à l’élite aristocratique en redistribuant des terrains à 4 millions de fermiers, de mesures sont prises : droit de vote des femmes, alphabétisation.. C’est ce qu’on appelle la Révolution Blanche. L’Iran devient alors un pays prospère grâce à la manne pétrolière. A l’exil de l’Ayatollah Khomeyni, ecclésiastique chiite en Irak, des émeutes éclatent et sont sévèrement réprimées par la Savak. En 1978, Jimmy Carter, alors président des USA demande au Shah de libéraliser son pays. C’est le moment où les libéraux comme Chapour Baktiar sont appelés pour sauver le régime. La même année, l’Irak expulse Khomeyni qui trouve refuge en France. L’Ayatollah dispose ainsi des médias occidentaux pour rallier à lui les diverses oppositions au Shah. Ainsi le 16 Janvier 1979, Mohammad Reza Chah Pahlavi quitte le pouvoir pour laisser la place le 11 février à Khomeyni.

Un référendum est organisé et on instaure la République Islamique le 1er avril. Outre la date, le score de 98% pour le « oui » laisse planer des doutes sur la régularité de ce vote. Les fondamentalistes instituent la loi islamique, réduisent à néant les progrès sur les droits de la femme, continuent la censure, imposent le culte du chef. La torture et les abus aux Droits de l’Homme deviennent monnaie courante. On se rappelle de la crise des otages américains qui devait durer 444 jours et se solder par un échec de l’opération de sauvetage par les troupes US. La guerre Iran-Irak sur fond de crise pétrolière soudera le peuple iranien autour de son leader charismatique jusqu’en 1987. A la mort de Khomeyni en 1989, l’ Ayatollah Ali Hoseini- Khamenei est désigné comme Guide de la Révolution. Depuis le pays n’a que peu bougé de sa torpeur nazislamiste sous les présidences de Rafsandjani et Khatami.

Le système politique de la République Islamique d’Iran se base sur la loi coranique. Le Guide Suprême supervise le pays. Le pouvoir exécutif appartient au président de la République, chef d’un gouvernement composé de 20 ministres. Le Parlement composé de 290 députés élus pour 4 ans sous le contrôle du Conseil des Gardiens de la Constitution (qui peuvent repousser un candidat) exerce le pouvoir législatif. Cependant, le Conseil des Gardiens de la Constitution pouvant s’opposer aux lois, le pouvoir du Parlement se trouve fortement réduit.
Le Conseil de Discernement composé des 3 chefs du pouvoir des 6 clercs du Conseil des Gardiens et de 25 membres désignés par le Guide a pour tâche de ratifier les lois. Le Président de la République dont la candidature doit être approuvée par le Conseil des Gardiens de la Révolution (6 mollah et 6 juristes nommés par le Guide Suprême) est élu pour 4 ans avec deux mandats successifs possibles.

Pour cette partie je tiens à remercier jurispolis dont le site me fut d’une grande aide : http://www.jurispolis.com/dt/mat/dt_ir.htm

Le droit iranien se fonde sur le droit musulman, la Constitution de 1979, les us et coutumes, les principe révolutionnaires et les lois votées par le Parlement (autrement dit indirectement promulguées par le Guide Suprême)

Voici quelques extraits que j’ai sélectionnés dans la Constitution de la République Islamique d’Iran :

Premier principe :
Le gouvernement de l’Iran est une République Islamique que le peuple iranien, sur la base de sa foi séculaire dans le règne du droit et de la justice du Coran, a adopté à la suite de sa révolution victorieuse sous la direction de la Haute Autorité Spirituelle du Grand Ayatollah Imam Khomeiny lors du référendum du dix et du onze Farvardine mille trois cent cinquante-huit de l’Hégire solaire, correspondant au premier et au deux Djamadi Al-oula de l’année mille trois cent quatre-vingt-dix-neuf de l’Hégire lunaire (30 et 31 mars 1979), à une majorité de 98,2% de l’ensemble des personnes ayant le droit de vote.

Deuxième Principe
La République Islamique est un système basé sur la foi en :
1 – Un Dieu unique (« Il n’y a de dieu que Dieu »), l’exclusivité de sa souveraineté, son pouvoir exclusif de légiférer et la nécessité de se soumettre à ses commandements.
2 – La Révélation divine et son rôle fondamental dans l’énonciation des Lois.
3 – La Résurrection et son rôle constructif dans la marche évolutive de l’être humain vers Dieu.
4 – La Justice de Dieu dans la Création et dans ses commandements.
5 – l’Imamat, sa direction permanente et son rôle fondamental dans la poursuite de la Révolution de l’Islam.
6 – la Dignité, la valeur suprême de l’être humain et sa liberté empreinte de sa responsabilité envers Dieu, qui, par le moyen :
a) de l’effort constant des « Faghih » réunissant toutes les conditions requises, conformément au Livre et à la tradition des Immaculés (Que la paix de Dieu soit avec eux),
b) de l’utilisation des sciences et des techniques et des expériences développées de l’humanité, et des efforts en vue dus faire progresser,
c) du rejet de toute forme d’oppression et de soumission à l’oppression, de domination et de sujétion,
assure l’équité, la justice et l’indépendance politique, économique, sociale et culturelle ainsi que la solidarité nationale.

Quatrième Principe
L’ensemble des Lois et règlements civils, pénaux, financiers, économiques, administratifs, culturels, militaires, politiques et autres doit être basé sur les préceptes islamiques. Ce principe prime sur le caractère général et absolu de tous les principes de la Loi constitutionnelle et des autres Lois et règlements, l’appréciation de cette prescription incombe aux jurisconsultes religieux du Conseil des Gardiens.

Dixième Principe
Dès lors que la famille est l’unité de base de la société islamique, tous les Lois et règlements ainsi que les planifications la concernant, doivent être élaborés en vue de faciliter l’organisation de la famille, de veiller à sa pureté et à l’affermissement des liens familiaux, sur la base du droit et de la morale islamique.

Treizième Principe
Les Iraniens zoroastriens, juifs et chrétiens sont reconnus comme les seules minorités religieuses qui, dans les limites de la Loi, sont libres d’accomplir leurs rites religieux et, quant au statut personnel et à l’éducation religieuse, agissent en conformité avec leur liturgie.

Cinquante-sixième Principe
La souveraineté absolue sur le monde et sur l’homme est celle de Dieu et c’est Lui qui a rendu l’homme maître de son destin social. Nul ne peut priver l’homme de ce droit divin ou le mettre au service des intérêts d’un individu ou d’un groupe particulier, et la Nation exerce ce droit accordé par Dieu, par les moyens énoncés dans les principes suivants

Soixante et unième Principe
Le pouvoir judiciaire est exercé par les tribunaux judiciaires qui doivent être constitués selon les préceptes islamiques et veiller au règlement des litiges, à la protection des droits publics, au développement et à l’application de la justice et au respect des ordres divins.

Cent soixante-quinzième Principe
Au sein de la Radio et Télévision de la République Islamique d’Iran, la liberté d’expression et la diffusion des idées doivent être assurées dans le respect des préceptes islamiques et des intérêts du pays.
La nomination et la révocation du Président de la « Radio-Télévision de la République Islamique d’Iran » incombent au Guide, et un conseil composé des représentants du Président de la République, du Chef du pouvoir judiciaire et de l’Assemblée Consultative Islamique (chacun deux personnes) exercera un contrôle sur cette Organisation.
La loi détermine la ligne de conduite, le mode de gestion de l’Organisation et le contrôle exercé sur elle.

C’est déjà effarant.

Pendant des siècles, la Charria a été plus ou moins appliquée en Iran à travers les ouvrages des docteurs en droit musulman appelés fiqh. La Révolution Constitutionnelle a essayé de réduire le rôle de l’Islam dans la loi et ouvre la porte au droit occidental. Après la Révolution de 1979, la Charria revient dans le droit pénal (alors qu’elle n’avait été appliquée réellement que dans le droit civil). Je ne vous ferais pas de commentaire sur la charria, juste vous rappeler qu’il s’agit là d’un des systèmes les plus primitifs et les plus liberticides qui existent dans le monde : port du hijab, lois portant sur la sexualité de citoyens et encore plus celle des citoyennes…..

Quelques faits qui sont arrivés ces derniers mois en Iran :
AFP, Téhéran, 27 avril 2005- Le commandant de la police de la province de Téhéran, le général Reza Zareïe, a annoncé une nouvelle campagne contre celles qui se prennent pour des « mannequins », a rapporté mercredi la presse iranienne.

AFP, Téhéran, 12 juin 2005 – La police iranienne est intervenue vigoureusement dimanche après-midi dans un rassemblement interdit de femmes à Téhéran et a arrêté au moins deux d’entre elles, ont constaté des journalistes de l’AFP.
20 minutes, 15 juin 2005 – Le Conseil des gardiens de la révolution iranienne a finalement dit « non ». Non à l’assouplissement de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pourtant approuvé le 12 avril par 127 des 217 députés siégeant au Parlement. Organe ultraconservateur, le Conseil a donc une fois de plus, le 9 mai, opposé son veto aux avancées proposées par le Parlement.
Iran Focus, Téhéran, 24 juin 2005 – Lors de la visite de Mohammad Khatami ce matin au QG de l’élection du ministère de l’Intérieur à Téhéran, la protection rapprochée du président sortant et les agents de sécurité de ministère de l’intérieur ont pris à partie des journalistes qui voulaient couvrir l’événement et les ont copieusement tabassés.
Iran Focus, Téhéran, 23 juin 2005– Un tribunal de la ville sainte de Qom a condamné un journaliste à 91 jours de prison pour avoir insulté le président sortant et le chef du Conseil de discernement des intérêts de l’Etat, a rapporté une agence de presse officielle iranienne.
Iran Focus, Téhéran, 8 juin 2005 – Dans le domaine des châtiments cruels et inhumains, la théocratie au pouvoir en Iran bat tous les records. Amputations, fouet, humiliations, lapidation et défénestration. Cette fois, il s’agit d’arracher les yeux. Ce n’est pas du tout exceptionnel.

Iran Focus, Téhéran, 7 juin 2005 – Un groupe d’Iraniens a été condamné à de lourdes peines, allant de la mort à l’amputation, en passant par le fouet et la prison. Ils sont accusés de vol à main armée, selon le journal Kayhan publié hier.
Iran Focus, Téhéran, 4 juin 2005 – Mojtaba Sami’i Nejad, auteur du blog « Moi non plus » a été condamné à deux ans de prison par la 13e chambre de tribunal révolutionnaire, accusé d’insulte au guide suprême
Iran Focus, Téhéran, 18 mai 2005– Un tribunal de Téhéran a condamné une jeune femme à une double peine de mort, la pendaison pour l’homicide de son voisin et la lapidation pour adultère, rapporte la presse iranienne, notamment le journal Etemad, aujourd’hui.

Tout ceci se passe de commentaires sur la situation iranienne.

Je reviens donc sur ce qui s’est passé ces derniers jours pour les présidentielles iraniennes.
La campagne fut d’une nullité affligeante, donnant lieu à une surenchère démagogique où les candidats s’affrontent à coup de slogans (par exemple « éradication de la pauvreté » ) qu’ on retrouve dans tous les discours. Les programmes sont mis de côté, seul les voix comptent et pour cela on est prêt à tout.
Nous avons pu assister à une véritable mascarade qui n’a d’ailleurs dupé personne (et là je dois avouer que je suis plutôt heureux de la réaction des médias occidentaux). Les candidats à la présidentielle devaient, comme je l’ai écrit plus haut, recevoir l’accréditation du Conseil des Gardiens de la Révolution, un filtre pour empêcher toute candidature potentiellement réformatrice aux ordres du Guide Suprême. Si 1008 candidats ont échoué, 8 ont passé cette épreuve avec plus ou moins de facilité (plutôt moins pour les réformateurs Moïn et Alizadeh) : 3 conservateurs (Qalibaf, Larijani, Ahmadinejad), 2 conservateurs « pragmatiques » (Rafsandjani, Rezaei) et 3 réformateurs (Alizadeh, Karroubi, Moïn).
Ghalibaf, après avoir servi dans l’Armée pendant la guerre Iran-Irak, a commandé les forces de l’ordre où on a pu voir son talent dans la répression des médias et des intellectuels.

Pour attirer des voix, il a essayé d’ adopter la campagne de Tony Blair outre-Manche. Ali Ardeshir Laridjani était considéré comme le favori des groupes ultra-conservateurs grâce à son travail de propagande à la tête de la radio et de la télévision de la République Islamique. Ahmadinejad fut le maire de Téhéran. Rafsandjani avait l’habitude des présidentielles puisqu’il a déjà été élu par deux fois. Homme avisé, il prônait une certaine ouverture à l’Occident même si ses précédents mandats se sont avérés des échecs par la faute de conservateurs. Rezaie ancien commandant du Corps des Gardiens de la Révolution a finalement abandonné. Alizadeh, ancien vice-président et chargé de la Fédération des Sports Amateurs, et Karroubi, président du Parlement réformiste ne jouissaient pas d’une notorieté suffisante. Mostapha Moïn était, quant à lui, l’ancien ministre de l’Education.
D’après plusieurs journaux que j’ai lu sur la toile ou sur le papier (par exemple tsr.ch ou Courrier International), il ressortait que les candidats les plus sérieux étaient Rafsandjani, Larijani, Ghalibaf, et Moïn.
Or, au premier tour, qui arriva en tête ??Rafsandjani et…Ahmadinejad. On peut déjà être surpris mais après tout, les dernières présidentielles en France ont aussi été pleines de surprises. Les électeurs avaient donc le choix entre des petites pierres et des grosses pierres pour la lapidation des femmes, entre une petite et une grosse bombe atomique, entre couper la main et un bras aux voleurs, entre la prison et la mort pour les dissidents… Notons aussi que Karroubi a devancé Moïn contre tous les pronostics.
Hélas, les résultats du second tour tombés samedi soir ont été un choc : les nazislamistes avaient remporté la victoire.


Déjà des voix s’élèvent pour dénoncer un bourrage des urnes par les ultras. Moïn et son équipe parlent d’une somme de 15.5 millions de dollars destinée à faire « sortir un candidat de l’urne ».Rafsandjani pointe du doigt le Conseil des Gardiens.
Nous sommes donc face à une crise grave en Iran : les nazislamistes au pouvoir ont déjà rejeté toute volonté de négociation sur le nucléaire et tous liens avec les USA.
Il est plus que temps que l’Occident agisse pour montrer que nous ne sommes pas dupes des mensonges des mollahs et que nous sommes à l’écoute de la détresse des Iraniens trahis par leurs maîtres encore une fois.

Simon Aubert

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