Archive for the ‘Lutte des classes’ Category

Du socialisme, du sang et des armes (variations sur l’avenir du libéralisme)

août 13, 2007

Je vis les vacances les plus ternes, les plus dénuées d’interêt de mon existence. Ne pouvait me permettre de partir, je me retrouve cloîtré devant mon PC, la connection wi-fi paradoxalement seul fil me reliant à la vie extérieure. Je souffre, mais certainement pas de la solitude, je n’ai aucun goût pour la Cité post-moderne, grouillant de petits bourgeois et de godelureaux dépravés, sicaires populaires de la modestie dans la honte et du jouir. Tout ceci dans une atmosphère de station estivale pour pourceaux d’Epicure. Abject. Non, je rêve tout simplement de grands espaces, à perte de vue, sans quiconque pour souiller la féérie de l’harmonie, de la grandeur et de la séreinité. A la manière d’une toile de Friedrich.
Presque deux mois donc pour acquérir une certitude: On ne sauvera pas le libéralisme en France, ni même la France et nous ne devons plus perdre notre temps pour y parvenir. Après cinquante ans de la Gueuse n°5 (du Coco Chanel, certainement) et d’un Etat gangréné par le socialo-marxisme jusqu’à s’en faire le porte-parole dans les salles de classe et les universités, la chienlit soviétique parvient à ses fins: la mort de l’esprit de liberté. Oh, bien entendu, la stratégie mise en place délibérement par le PCF et la CGT avec la bénédiction de De Gaulle à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale semble vaine désormais que l’URSS s’est officiellement effondrée (afin de mieux renaître sous le patronage du tchékiste Poutine). Loin de moi l’idée de vous effrayer outre-mesure mais prenons le temps d’observer en détail la situation qui se présente à nos pupilles innocentes: un Etat tentaculaire, pieuvre mafieuse aux ramifications insoupçonnées, corrompu et autoritaire, des syndicats et activistes qui ont abandonné la lutte des classes pour la « justice sociale »-motif parait-il suffisant pour pousser des agriculteurs écolos au suicide et paralyser un pays quoiqu’un peu vague, je doute que quiconque ne souhaite tant savoir ce qu’il recouvre-, des médias détenus par des trusts et regurgitant la même bienpensance et une classe politique univoque: l’on se doit d’aider les pauvres, faire des sacrifices, redonner du prestige à l’Etat, combiner le social et l’efficacité, développer durablement, le tout dans une ambiance festive, dynamique profondément ancré dans les valeurs républicaines. Naturellement, la gauche ne nous avait pas habitué à autre chose depuis la Révolution mais la dépravation de la droite… Cela ne porte pas de nom. Je n’ose à ce point de mon exposé évoquer la politique étrangère. Mon interêt pour la politique connait deux raisons, le goût pour l’éthique, la méthaphysique et plus encore la crainte des dictatures. Le syndrôme Munich 1938 fait donc figure à mes yeux de prélude à l’horreur des charniers. Néo-conservateur il y’a encore quelques années et ayant grandi sous Mitterand puis Jospin, je ne doutais pas à 17 ans de la responsabilité historique de la gauche, anti-américaine, soutien inconditionnel des bourreaux khmers, des mollahs iraniens et j’espèrais une sortie par la droite du tunnel munichois. J’ignorais tout de la pensée libérale, des turpitudes de la droite gouvernementale et de ce qu’il adviendrait du second quinquennat de Chirac. Sans doute aurais-je pu finir sarkozyste, me rendant aux dîners de l’UMP pour glorifier, genoux à terre, les icônes du Saint Patron et rendre grâce à de pseudos-valeurs pour entrepreneur crasseux ou étudiant en école de commerce: l’ordre, l’autorité, la nation, la république (encore)… J’aurais pu saluer une vente de missiles Milan à un tyran libyen ou je ne sais quelle mesure liberticide prise par ce gouvernement de criminels en puissance. Mais je ne crois plus en la légitimité de l’Etat, je ne crois plus au politique, je ne crois plus en l’altruisme et au sacrifice comme vertus suprêmes, je ne crois avant tout plus au compromis. Plus maintenant. La logique n’en accepte aucun et la liberté encore moins. Oeuvrent dans mon sens les tristes expériences des Lib-dems anglais, du Parti Libéral suisse dont les dirigeants vont jusqu’à ignorer l’existence des libertariens, du Mouvement Réformateur belge « dans le voisinage du PS » dixit Louis Michel ou du projet mort-né d’Alternative Libérale, gonflé au violet flashy, dont l’on ne peut pardonner la main tendue aux sociaux-démocrates jusqu’à rejoindre Bayrou. Aucun ne peut se prévaloir d’une victoire de nos idées ou de la liberté, ni même de la moindre faille dans la matrice socialiste. Tout ceci malgré les mises en garde insistantes des libéraux historiques et libertariens. Comprenons-nous: les libéraux ne pourront jamais remporter quelque bataille politique que ce soit pour une raison évidente: le libéralisme est une philosophie anti-politique. Un libéral ne peut accepter aucun poste, aucune magistrature, aucun cabinet, aucun siège sans se compromettre ni se renier. Et accessoirement diviser, rabaisser la communauté libérale aux yeux de l’opinion publique. L’on ne peut entraver indéfiniment la socialisation inéxorable d’un Etat: l’Humanité sacrifie toujours davantage au Moloch. Par obstination, mysticisme, calcul politique ou stupidité crasse.
Reste à établir une stratégie claire, sans concession ni corruption, sans déni de la réalité. Puisque nous ne pouvons sauver la France, précipitons sa chute. S’abstenir devient dès lors inutile, nous devons voter socialiste, pousser ces ordures à bout, les forcer dans leurs retranchements aussi loin que nous le pourrons. Ceci lors des élections, des sondages d’opinion. Il s’agit de leur accorder notre confiance pour pourrir ce pays délibérement. Fabius ou Mélenchon y parviendront aisément en quelques années, pour peu qu’ils s’adjoignent le parangon du mauvais goût Lang et l’ idiot Montebourg. Enfin, même sans eux, au point où nous en sommes… Quelques années durant lesquelles nous ne relâcherons aucune effort d’activisme, de médiatisation, de publicité, d’agitation, de subversion, sur internet comme ailleurs. En parallèle et discrètement, il convient de se préparer pour la suite des évèments: acquérir des armes, pléthore d’armes, déménager près des frontières et particulièrement près des zones montagneuses. La guerrilla (ainsi ce sera clair pour chacun) s’y avéra indubitablement plus aisée à mener: davantage de caches naturelles, des frontières pour se protéger, des réseaux de contre-bande à organiser (je pense notamment aux armes en vente quasi-libre chez nos amis suisses, et au nombre conséquent de libertariens helvétiques prêts à nous rejoindre)… Montani semper liberi comme le veut la devise du Montana. Naturellement, l’on ne peut rêver d’une reconquista complète. Nous nous contenterons de déclarer indépendants les territoires contrôlés par nos milices. Pas de négociation. Une Révolution à l’Américaine. Des hommes libres contre les Red Coats, des miliciens aux idéaux les plus nobles contre une vermine bestiale. Je ne puis garantir la parfaite réussite d’un tel plan, je le concède volontiers et je ne prétendrais pas que vous n’avez que vos chaînes à perdre. Mais je n’en conçois pas d’autres à l’heure actuelle et les caciques tièdes peuvent bien me hurler leurs anathèmes ou leurs poncifs éculés, nonobstant leur modération et leur respect du processus démocratique, leur avenir est d’ores et déjà condamné. Je ne tiens pas à ce que le mien le soit.

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Classe, lutte des classes : shadokismes sociologiq…

octobre 4, 2005

Classe, lutte des classes : shadokismes sociologiques.
Dans la plus pure tradition totalitaire, certains philosophes se sont élevés en scientifiques savants (en prenant volontiers le nom de sociologue) afin de mieux imposer leurs idées. Karl Marx fut de ceux-là le plus fameux (remarquez néanmoins qu’il peut ainsi figurer dans les manuels d’économie français où l’on ignore Tocqueville, Bastiat, Hayek, Salin…). Cette supercherie s’exprime notamment dans son analyse de ce qu’il appelle la lutte des classes.
Marx imagine la société divisée en plusieurs classes sociales, dont le nombre varie selon l’époque de ses écrits entre trois et sept. Le prolétariat par exemple n’a que sa force de travail à vendre. Les « bourgeois capitalistes » possèdent quant à eux le capital ainsi que les moyens de production qu’ils tentent de faire fructifier en exploitant le prolétariat. Une troisième classe, « classe moyenne » , « petite et moyenne bourgeoisie » (majoritairement les professions libérales), subsiste par ses propres moyens . A certains moments, Marx parle aussi de classe paysanne. Des politiques (Lénine) ou des « sociologues » ([ j’avais parlé de Weber avant de me rendre compte des dissensions entre lui et Marx], Bourdieu, Durkheim, souvent plus docteurs Es Marxisme que scientifiques) ont peaufiné cette analyse en rajoutant des critères : l’aspect social statutaire, les mœurs, conscience de classe, le pouvoir.. Les classes se transmettent par filiation, lourd héritage s’il en est, ce qui conduira (selon moi) tout droit au situationnisme.
Il apparaît évident que cette séparation caricaturale de la société ne résiste pas trente secondes à l’homme qui pense sans idéologie (laquelle, à l’instar de ce que dit Revel, pense à votre place). Il est notoire que de nombreux ouvriers gagnent aussi bien leur vie qu’un patron, il faut bien en être conscient (je connais une entreprise dans la région toulousaine où un des ouvriers a un salaire plus haut que son patron). Les revenus, s’ils sont étalés, le sont d’une façon relativement homogène, ce qui ne permet pas de différencier les classes sur ce critère (Notons d’ailleurs que l’Etat en fixant les salaires hors des réalités économiques a réussi à créer des classes dans les pays communistes). Les histoires bourdivines de mœurs (habitus, apprenez bien ce mot si vous voulez faire socio) ne tiennent pas plus la route si, par miracle, vous arrivez à déchiffrer le langage inhabitable sociologique. Dans « La Distinction », Bourdieu utilise tous ses mots pédants pour simplement exprimer que les ouvriers mangent uniquement pour se nourrir, qu’ils n’apprécient l’art que quand il est réaliste, bref qu’ils recherchent plus la fonctionnalité qu’autre chose. D’un point de vue personnel, je considère ces propos comme une insulte aux ouvriers relégués par le Béarnais au rang d’abrutis stupides incapables de s’adonner à la réflexion ou à l’art. L’aspect statutaire de la classe semble tout aussi peu pertinent : en étant suffisamment reconnu socialement, vous réussiriez à changer de classe? Allons donc…Les tenants du rôle dans la production, dans la chaîne de la consommation, devraient, quant à eux, pousser leur peu d’intelligence jusqu’à se rendre compte que si le « prolétaire » reçoit une part de capital (le salaire qu’il touche mensuellement), il entre dans la classe des affreux capitalistes (imaginons un prolétaire qui emploie une baby-sitter : il devient patron..).On retrouve souvent dans les écrits marxistes l’expression « conscience de classe », qui définit la prise de conscience d’un individu en tant que membre de la classe. Il est particulièrement amusant de constater que cette conscience n’apparaît que tardivement (et très minoritairement) après les écrits de Marx et ce sous l’influence de syndicats socialo-marxistes. En fait, on se doit de reconnaître que l’homme a bien plus le sentiment d’appartenir à une communauté nationale, ethnique, religieuse, politique, que de classe. L’idée de classe vise principalement à réduire l’indépendance de l’individu par rapport à sa naissance. Ce point de vue très déterministe nie donc en même temps que la place, le libre-arbitre (ici, l’envie m’a pris de citer Novalis : «La liberté est une matière dont les phénomènes singuliers sont les individus »), la réussite « sociale » de l’individu en tant que tel, la réalité qui nous montre que l’on peut très vite monter, ou très vite descendre, que deux personnes parties du même point n’arrivent pas à la même destination. La plupart des Français de la « classe moyenne » ont pour aïeux des paysans, ce qui met à mort, je crois, la notion de classe par filiation. Ma famille constitue une excellente illustration de cette possibilité de mobilité sociale : en quelques dizaines d’années, nous sommes passés de petites fermes à des conditions de vie plutôt au-dessus de la moyenne.
Mais reprenons notre analyse de la pensée marxiste des classes : ces dernières s’opposeraient dans une lutte permanente depuis la nuit des temps. Ce combat ancestral concernant principalement le prolétariat et la haute bourgeoisie serait le véritable moteur de l’Histoire. Une vision aussi matérialiste ne lasse pas de surprendre par son manque de pertinence. Pour nous en convaincre, regardons les différents conflits majeurs des siècles écoulés. Les deux dernières Guerres mondiales ont été des conflits entre nations, ethnies, partisans de la liberté ou totalitaristes. Les grandes Révolutions (Américaines, Française, de 1848, Russes) ne correspondent pas non plus à des critères de classe (les paysans vendéens monarchistes sont-ils moins prolétaires que la bourgeoisie parisienne ? Pour quelle mystérieuse raison l’ensemble des paysans n’a pas eu les mêmes réactions ? ). Marx imagine pour son siècle une volonté des capitalistes de réduire la part du travail des prolétaires, lesquels par la lutte syndicale tentent d’augmenter leurs revenus, les acquis sociaux ne traduisant qu’une astucieuse parade des horribles bourgeois en vue de préserver la société capitaliste (« le patron cède ? attention au complot visant à nuire à la classe prolétarienne, camarade. »). Les prolétaires doivent renverser les capitalistes puis installer la dictature du prolétariat. Bref, autrement dit, le marxiste n’assimile pas le concept d’accord entre l’employé et l’employeur : un salaire contre du travail. Personne n’a le droit de forcer quelqu’un à travailler contre son gré (du moins dans une société libérale… en revanche, la militarisation du travail par les soviétiques a conduit à une obligation du travail, comme quoi..). Grâce à ce contrat (qu’on explicite le plus souvent à l’écrit), chacune des deux parties en présence a une rétribution bien définie, qu’elle peut essayer de faire évoluer de plusieurs manières (la grève étant la « solution finale ») tout en respectant bien entendu les Droits Naturels de l’autre partie (je pense ici aux scènes de séquestrations, de prises d’otages des personnels administratifs ou aux blocages des autoroutes par des chauffeurs mécontents). Soulignons d’ailleurs que l’accord se signe entre deux entités (entreprise/indivu, individu/individu, entreprise/entreprise…), non entre deux « classes » du fait même qu’il y’ait concurrence. Je voudrais vous faire part de ces quelques lignes de l’excellent Jacques de Guenin « Les théories de gauche et de la pseudo droite sur l’entreprise, généralement conçues et propagées par des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise, partent de l’idée qu’il existe une opposition irréductible entre les intérêts des travailleurs et ceux des patrons. Il n’y a rien de plus contraire à la réalité, au moins dans un marché libre. Car dans un marché libre, il n’y a pas de chômage permanent, et les patrons sont en concurrence les uns avec les autres pour attirer les meilleurs salariés. ».Pour l’anecdote et pour souligner le talent prophétique de l’auteur du Kapital, Marx a imaginé pour les décennies suivant ses écrits … la régression de la classe moyenne, laquelle n’aurait pu soutenir la compétition avec les capitalistes. Karl, est-ce la religion du riche (i.e l’opium) qui t’a perdu ?
Devrions-nous pour autant rejeter l’idée de lutte des classes ? En se basant sur le droit, les libertariens (à l’attention des néophytes : des libéraux anarchistes)ont repris à leur compte cette notion : ceux qui volent contre ceux qui sont volés. A mes yeux, cette analyse quoiqu’ intéressante ( outre le fait qu’en faisant intervenir le mot « classe », elle pourrait prêter à confusion sur la responsabilité individuelle) reste incomplète : il s’agit plus d’une lutte entre les pourfendeurs du Droit Naturel et leurs victimes, lesquelles n’en ont que rarement conscience, ce qui exclue de fait que cette lutte constitue le moteur de l’Histoire.

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