Archive for mai 2007

Brièvement

mai 27, 2007

Dernières publications sur Aperto Libro:

Blapshème statophobe (Lysander Spooner)
Les Droits de l’Homme. (Ayn Rand)
De la Monnaie.(Jean-Baptiste Say)
L’Humanitariste avec une Guillotine.(Isabel Paterson)
Des mystiques du muscle face à la pensée, la lutte insidieuse contre la Liberté. (Ayn Rand)


Nouveaux titres diffusés sur les cyber-ondes de la Radioblog:

The Four Horsemen-Sandman (Metallica cover)
Mistreaded-Master Of Puppets (Metallica cover)
Hellsongs-Run to the Hills (Iron Maiden cover)
Artefact-Venuxity
Artefact-Brigade Interference

Des mystiques du muscle face à la pensée, la lutte insidieuse contre la Liberté. (Ayn Rand)

mai 27, 2007

Si vous ne voyez pas les moyens qu’ils comptent employer, allez visiter n’importe quelle classe de collège et vous entendrez des professeurs expliquer aux enfants qu’aucune certitude n’est possible à l’homme, que sa conscience n’a aucune efficacité, qu’il ne peut rien savoir des faits et des lois de l’existence, qu’il ne peut connaître aucune réalité objective. Dans ces conditions, quel est le critère de la connaissance et de la vérité ? La réponse est: ce que les autres croient. Il n’y a pas de connaissance, enseignent-ils, il n’y a que la foi. Croire que vous existez est un acte de foi, aussi valable que la foi d’un autre dans son droit de vous tuer; les fondements de la science sont un acte de foi, ni plus ni moins que la foi dans une révélation mystique; croire qu’un générateur peut produire de la lumière électrique est un acte de foi, aussi arbitraire que de croire qu’on en ferait autant en caressant une patte de lapin à la nouvelle lune. La vérité est ce que les gens veulent qu’elle soit, et les gens sont tout le monde sauf vous. La réalité est ce que les gens disent qu’elle est, il n’y a pas de fait objectif, il n’y a que leurs désirs arbitraires. Un homme qui cherche la connaissance dans un laboratoire à l’aide de tubes à essais et de raisonnements est un bouffon vieillot et superstitieux. Un vrai scientifique est un homme qui va sonder le public, et sans l’avidité égoïste de tous ces industriels qui ont un intérêt personnel à entraver les progrès de la science, vous sauriez que New York n’existe pas, parce qu’un sondage de la population mondiale vous révèlerait à une écrasante majorité que ses croyances interdisent la possibilité même d’une telle ville.
Pendant des siècles, les mystiques de l’esprit ont proclamé que la foi était supérieure à la raison, mais ils n’ont pas osé contester l’existence de la raison. Leurs héritiers, les mystiques du muscle, ont achevé leur travail et réalisé leur rêve: ils déclare que tout est question de foi, et appellent cela une révolte contre la croyance. Comme révolte contre des assertions sans fondement, ils proclament que rien ne peut être prouvé. Comme révolte contre l’idée d’une connaissance surnaturelle, ils proclament qu’aucun
savoir n’est possible. Comme révolte contre les ennemis de la science, ils annoncent que la science est une superstition. Comme révolte contre l’asservissement de la pensée, ils proclament que la pensée n’existe pas.
Si vous renoncez à votre perception, si vous acceptez de remplacer vos critères objectifs par des critères collectifs, si vous attendez que les autres vous disent ce qu’il faut penser, le vide que vous créez ainsi ne restera pas longtemps vacant. Vous allez vous apercevoir que vos professeurs commenceront à fixer les règles collectives, et que si vous refusez de leur obéir, protestant qu’ils ne sont pas l’humanité à eux tous seuls, ils vous répondront: ‘Comment savez-vous que nous ne le sommes pas ? ‘Etre’, mon ami ? Où avez-vous déniché ce terme démodé ?’

Si vous doutez que ce soit là leur but, observez avec quelle persévérance acharnée les mystiques du muscle s’efforcent de vous faire oublier qu’un concept tel que la pensé ait pu un jour exister. Observez les contorsions de langage, les mots flous au sens élastique grâce auxquels ils évitent soigneusement tout référence au concept de ‘pensée’. Votre conscience, vous disent-ils, consiste en ‘réflexes’, en ‘réactions’, en ‘expériences’, en ‘impulsions’; et ils refusent en même temps d’identifier les moyens par lesquels ils ont acquis cette connaissance, l’acte qu’ils accomplissent en disant cela, ou celui que vous accomplissez en écoutant.
Les mots ont le pouvoir de vous ‘conditionner’, disent-ils tout en refusant d’identifier les raisons pour lesquelles les mots ont aussi le pouvoir de changer votre… votre … ? Un étudiant lisant un livre le comprend par un processus de… ? de… ? Un scientifique travaillant à une invention s’engage dans un acte de … ? Un psychiatre aidant un névrosé à résoudre ses problèmes conflictuels, le fait au moyen de… ? Mystère. Un industriel… chut ! ça n’existe pas: une usine est une ‘ressource naturelle’, au même titre qu’un arbre, un caillou ou une marre de boue.
Le problème de la production, vous disent-ils, n’a aucun intérêt et ne mérite aucune attention particulière; le seul problème proposé à vos ‘réflexes’ est donc la question de la distribution. Qui a résolu le problème de la production ? L’humanité, selon eux. Quelle était la solution ? Les marchandises sont là. Comment sont-elles arrivées là ? D’une manière ou d’une autre. De quelle cause sont-elles l’effet ? Rien n’a de cause.
Ils prétendent que tout homme a le droit de vivre sans travailler et, en dépit des lois de la réalité, qu’il a droit à un ‘minimum vital’ – un toit, des aliments et des vêtements -, sans faire aucun effort, comme un privilège de naissance. Qui doit lui fournir tout cela ? Mystère. Chaque homme, annoncent-ils, possède une part égale des avancées technologiques réalisées dans le monde. Réalisées… par qui ? Mystère. Ces lâches enragés qui posent en défenseurs des industriels redéfinissent maintenant l’économie comme une technique d’ajustement entre les désirs illimités des hommes et les biens produits en quantité limitée. Produits… par qui ? Mystère. Ces escrocs intellectuels qui veulent passer pour des professeurs se gaussent des penseurs d’autrefois car leurs théories sociales faisaient l’hypothèse de la rationalité humaine; mais puisque l’homme n’est pas rationnel, déclarent-ils, il doit y avoir un système qui lui permet d’exister en étant irrationnel, ce qui signifie: en défiant la réalité. Qui rendra cela possible ? Mystère. A chaque fois qu’un gratte-papier griffonne des plans pour contrôler la production du genre humain, que l’on soit d’accord ou non avec ses statistiques, personne ne remet en question son droit d’imposer ses idées par la force des armes. Imposer… à qui ? A votre avis ? Des groupes de pipelettes subventionnées font des tours du monde aux frais de la princesse et s’en reviennent en disant que les peuples sousdéveloppés demandent de meilleures conditions de vie. Demandent… à qui ? A votre avis ?

Et pour devancer toute demande d’explication sur la différence entre New York et un village de cases dans la savane, ils avancent cette obscénité suprême qui consiste à expliquer les développements de l’industrie humaine, les gratte-ciel, les ponts suspendus, les moteurs et les trains, en déclarant que l’homme est un animal qui possède un ‘instinct de savoir-faire’.
Vous vous demandez ce qui ne va pas dans le monde ? Vous assistez maintenant à l’explosion de la foi dans le sans cause et dans le non mérité. Tous vos gangs de mystiques, de l’esprit et du muscle, se disputent farouchement le pouvoir de vous gouverner, en grognant que l’amour est la solution à tous vos problèmes spirituels et que le fouet est la solution à tous vos problèmes matériels, à vous qui avez renoncé à penser. Eux qui accordent moins de dignité à l’homme qu’à du bétail, eux qui ignorent ce que leur dirait un dresseur d’animaux, à savoir qu’on ne dresse pas un animal par la terreur, qu’un éléphant maltraité, bien loin de travailler pour ses tortionnaires ou de porter leurs fardeaux, aurait vite fait de les piétiner; ils espèrent toutefois que l’homme continuera à produire des tubes électroniques, des avions supersoniques, des moteurs atomiques et des télescopes interstellaires, en échange d’une ration de viande complétée si nécessaire par quelques bons coups de fouet.
Ne vous méprenez pas sur le caractère des mystiques. L’affaiblissement de votre conscience a toujours été leur unique objectif. Et le pouvoir de vous dominer par la force a toujours été leur seul désir.

Ayn Rand in Atlas Shrugged (la Révolte d’Atlas)

Des mystiques du muscle face à la pensée, la lutte insidieuse contre la Liberté.

mai 27, 2007

Si vous ne voyez pas les moyens qu’ils comptent employer, allez visiter n’importe quelle classe de collège et vous entendrez des professeurs expliquer aux enfants qu’aucune certitude n’est possible à l’homme, que sa conscience n’a aucune efficacité, qu’il ne peut rien savoir des faits et des lois de l’existence, qu’il ne peut connaître aucune réalité objective. Dans ces conditions, quel est le critère de la connaissance et de la vérité ? La réponse est: ce que les autres croient. Il n’y a pas de connaissance, enseignent-ils, il n’y a que la foi. Croire que vous existez est un acte de foi, aussi valable que la foi d’un autre dans son droit de vous tuer; les fondements de la science sont un acte de foi, ni plus ni moins que la foi dans une révélation mystique; croire qu’un générateur peut produire de la lumière électrique est un acte de foi, aussi arbitraire que de croire qu’on en ferait autant en caressant une patte de lapin à la nouvelle lune. La vérité est ce que les gens veulent qu’elle soit, et les gens sont tout le monde sauf vous. La réalité est ce que les gens disent qu’elle est, il n’y a pas de fait objectif, il n’y a que leurs désirs arbitraires. Un homme qui cherche la connaissance dans un laboratoire à l’aide de tubes à essais et de raisonnements est un bouffon vieillot et superstitieux. Un vrai scientifique est un homme qui va sonder le public, et sans l’avidité égoïste de tous ces industriels qui ont un intérêt personnel à entraver les progrès de la science, vous sauriez que New York n’existe pas, parce qu’un sondage de la population mondiale vous révèlerait à une écrasante majorité que ses croyances interdisent la possibilité même d’une telle ville.
Pendant des siècles, les mystiques de l’esprit ont proclamé que la foi était supérieure à la raison, mais ils n’ont pas osé contester l’existence de la raison. Leurs héritiers, les mystiques du muscle, ont achevé leur travail et réalisé leur rêve: ils déclare que tout est question de foi, et appellent cela une révolte contre la croyance. Comme révolte contre des assertions sans fondement, ils proclament que rien ne peut être prouvé. Comme révolte contre l’idée d’une connaissance surnaturelle, ils proclament qu’aucun
savoir n’est possible. Comme révolte contre les ennemis de la science, ils annoncent que la science est une superstition. Comme révolte contre l’asservissement de la pensée, ils proclament que la pensée n’existe pas.
Si vous renoncez à votre perception, si vous acceptez de remplacer vos critères objectifs par des critères collectifs, si vous attendez que les autres vous disent ce qu’il faut penser, le vide que vous créez ainsi ne restera pas longtemps vacant. Vous allez vous apercevoir que vos professeurs commenceront à fixer les règles collectives, et que si vous refusez de leur obéir, protestant qu’ils ne sont pas l’humanité à eux tous seuls, ils vous répondront: ‘Comment savez-vous que nous ne le sommes pas ? ‘Etre’, mon ami ? Où avez-vous déniché ce terme démodé ?’

Si vous doutez que ce soit là leur but, observez avec quelle persévérance acharnée les mystiques du muscle s’efforcent de vous faire oublier qu’un concept tel que la pensé ait pu un jour exister. Observez les contorsions de langage, les mots flous au sens élastique grâce auxquels ils évitent soigneusement tout référence au concept de ‘pensée’. Votre conscience, vous disent-ils, consiste en ‘réflexes’, en ‘réactions’, en ‘expériences’, en ‘impulsions’; et ils refusent en même temps d’identifier les moyens par lesquels ils ont acquis cette connaissance, l’acte qu’ils accomplissent en disant cela, ou celui que vous accomplissez en écoutant.
Les mots ont le pouvoir de vous ‘conditionner’, disent-ils tout en refusant d’identifier les raisons pour lesquelles les mots ont aussi le pouvoir de changer votre… votre … ? Un étudiant lisant un livre le comprend par un processus de… ? de… ? Un scientifique travaillant à une invention s’engage dans un acte de … ? Un psychiatre aidant un névrosé à résoudre ses problèmes conflictuels, le fait au moyen de… ? Mystère. Un industriel… chut ! ça n’existe pas: une usine est une ‘ressource naturelle’, au même titre qu’un arbre, un caillou ou une marre de boue.
Le problème de la production, vous disent-ils, n’a aucun intérêt et ne mérite aucune attention particulière; le seul problème proposé à vos ‘réflexes’ est donc la question de la distribution. Qui a résolu le problème de la production ? L’humanité, selon eux. Quelle était la solution ? Les marchandises sont là. Comment sont-elles arrivées là ? D’une manière ou d’une autre. De quelle cause sont-elles l’effet ? Rien n’a de cause.
Ils prétendent que tout homme a le droit de vivre sans travailler et, en dépit des lois de la réalité, qu’il a droit à un ‘minimum vital’ – un toit, des aliments et des vêtements -, sans faire aucun effort, comme un privilège de naissance. Qui doit lui fournir tout cela ? Mystère. Chaque homme, annoncent-ils, possède une part égale des avancées technologiques réalisées dans le monde. Réalisées… par qui ? Mystère. Ces lâches enragés qui posent en défenseurs des industriels redéfinissent maintenant l’économie comme une technique d’ajustement entre les désirs illimités des hommes et les biens produits en quantité limitée. Produits… par qui ? Mystère. Ces escrocs intellectuels qui veulent passer pour des professeurs se gaussent des penseurs d’autrefois car leurs théories sociales faisaient l’hypothèse de la rationalité humaine; mais puisque l’homme n’est pas rationnel, déclarent-ils, il doit y avoir un système qui lui permet d’exister en étant irrationnel, ce qui signifie: en défiant la réalité. Qui rendra cela possible ? Mystère. A chaque fois qu’un gratte-papier griffonne des plans pour contrôler la production du genre humain, que l’on soit d’accord ou non avec ses statistiques, personne ne remet en question son droit d’imposer ses idées par la force des armes. Imposer… à qui ? A votre avis ? Des groupes de pipelettes subventionnées font des tours du monde aux frais de la princesse et s’en reviennent en disant que les peuples sousdéveloppés demandent de meilleures conditions de vie. Demandent… à qui ? A votre avis ?

Et pour devancer toute demande d’explication sur la différence entre New York et un village de cases dans la savane, ils avancent cette obscénité suprême qui consiste à expliquer les développements de l’industrie humaine, les gratte-ciel, les ponts suspendus, les moteurs et les trains, en déclarant que l’homme est un animal qui possède un ‘instinct de savoir-faire’.
Vous vous demandez ce qui ne va pas dans le monde ? Vous assistez maintenant à l’explosion de la foi dans le sans cause et dans le non mérité. Tous vos gangs de mystiques, de l’esprit et du muscle, se disputent farouchement le pouvoir de vous gouverner, en grognant que l’amour est la solution à tous vos problèmes spirituels et que le fouet est la solution à tous vos problèmes matériels, à vous qui avez renoncé à penser. Eux qui accordent moins de dignité à l’homme qu’à du bétail, eux qui ignorent ce que leur dirait un dresseur d’animaux, à savoir qu’on ne dresse pas un animal par la terreur, qu’un éléphant maltraité, bien loin de travailler pour ses tortionnaires ou de porter leurs fardeaux, aurait vite fait de les piétiner; ils espèrent toutefois que l’homme continuera à produire des tubes électroniques, des avions supersoniques, des moteurs atomiques et des télescopes interstellaires, en échange d’une ration de viande complétée si nécessaire par quelques bons coups de fouet.
Ne vous méprenez pas sur le caractère des mystiques. L’affaiblissement de votre conscience a toujours été leur unique objectif. Et le pouvoir de vous dominer par la force a toujours été leur seul désir.

Ayn Rand in Atlas Shrugged (la Révolte d’Atlas)

De la reconnaissance internationale de vos serviteurs

mai 26, 2007

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On appréciera le zèle de nos amis chinois à concevoir de tels baromètres de la subversion.

De la Monnaie. (Jean-Baptiste Say)

mai 25, 2007

Qu’est-ce que la monnaie ?

La monnaie est un produit de l’industrie, une marchandise qui a une valeur échangeable. Une certaine quantité de monnaie, et une certaine quantité de toute autre marchandise, quand leur valeur est exactement pareille, sont deux portions de richesses égales entre elles.

D’où vient à la monnaie sa valeur ?

De ses usages; c’est-à-dire qu’elle tire sa de la même source que quelque produit que ce soit Le besoin qu’on en a fait qu’on y attache un prix et que l’on offre pour en avoir une certaine quantité de tout autre produit quelconque.

Ce n’est donc pas le gouvernement qui fixe la valeur des monnaies ?

Non ; le gouvernement peut bien ordonner qu’une pièce de monnaie s’appellera un franc, cinq francs, mais il ne peut pas déterminer ce qu’un marchand vous donnera de marchandise pour un franc, pour cinq francs. Or, vous savez que la valeur d’une chose se mesure par la quantité de toute autre chose que l’on consent communément à donner pour en obtenir la possession.


Vous dites que la monnaie tire sa valeur de ses usages ; cependant elle ne peut servir à satisfaire aucun besoin.

Elle est d’un fort grand usage pour tous ceux qui sont appelés à effectuer quelque échange†; et vous avez appris (chap. XI) les raisons pour lesquelles les hommes sont tous obligés d’effectuer des échanges, par conséquent de se servir de monnaie.

Comment la monnaie sert-elle dans les échanges ?

Elle sert en ceci, que lorsque vous voulez changer le produit qui vous est inutile, contre un autre que vous voulez consommer, il vous est commode, et le plus souvent indispensable de commencer par changer votre produit superflu en cet autre produit appelé monnaie, afin de changer ensuite la monnaie contre la chose qui vous est nécessaire.

Pourquoi l’échange préalable contre de la monnaie est-il commode et souvent indis­pensable ?

Pour deux raisons : en premier lieu, parce que la chose que vous voulez donner en échan­ge diffère le plus souvent en valeur de la chose que vous voulez recevoir. Si la monnaie n’existait pas et que vous voulussiez échanger une montre de quatre louis contre un chapeau d’un louis, vous seriez obligé de donner une valeur quatre fois supérieure à celle que vous recevriez. Que si vous vouliez seulement donner le quart de votre montre, vous ne le pourriez sans détruire sa valeur tout entière, ce qui serait encore pis. Mais si vous commencez par changer votre montre contre quatre louis, vous pouvez alors donner le quart de la valeur de votre montre pour avoir un chapeau, et conserver les trois autres quarts de la même valeur pour l’acquisition de tout autre objet. La monnaie, comme vous le voyez, vous est utile pour cette opération.

Quel est le second motif qui fait désirer de se procurer de la monnaie ?

Une marchandise autre que la monnaie pourrait se proportionner, en quantité, à la valeur de la chose que vous souhaitez vendre. Vous pourriez avoir une quantité de riz pareille en valeur à la montre dont vous voulez vous défaire, et vous pourriez donner en riz une quantité équivalente à la valeur du chapeau que vous voulez acquérir ; mais vous n’êtes pas certain que le marchand de chapeau ait besoin du riz que vous pourriez lui offrir, tandis que vous êtes certain qu’il recevra volontiers la monnaie dont vous vous êtes rendu possesseur.

D’où peut me venir cette certitude ?

Du besoin que toute personne a de faire des achats pour satisfaire à ses besoins.

Une marchandise, quand on ne veut pas la consommer immédiatement pour satisfaire un besoin, ne convient qu’à ceux qui en font commerce, à ceux qui sont connus pour en être marchands, qui savent par conséquent où sont ses débouchés, ce qu’elle vaut exactement, et par quels moyens on peut réussir à la vendre. Or, la monnaie est une marchandise dont tout le monde est marchand, car tout le monde a des achats à faire, et c’est être marchand de mon­naie que d’en offrir en échange de toutes les choses que l’on achète journellement. Vous êtes donc assuré qu’en offrant de la monnaie à une personne quelconque, et pour quelque échange que ce soit, vous lui offrez une marchandise dont elle a le placement assuré†.

Pourquoi, même dans le cas où la marchandise que je reçois vaut bien réellement son prix, considère-t-on celui qui me vend comme faisant une meilleure affaire que moi qui achète ?

Celui qui vend a deux marchés à conclure pour obtenir la marchandise dont il a besoin, à la place de celle qui est pour lui superflue : il faut qu’il change d’abord celle-ci en monnaie, et qu’il change ensuite cette monnaie contre la chose qu’il veut avoir. Lorsqu’une fois il a effectué le premier de ces deux échanges, il ne lui reste plus que le second à terminer, et c’est le plus facile, parce qu’au lien d’une marchandise qui ne pouvait convenir qu’à un petit nom­bre de personnes, il a désormais en sa possession de la monnaie, c’est-à-dire une marchandise qui est à l’usage de tout le monde.


Je vois quelle est la source de la valeur de la monnaie ; mais je voudrais savoir quelle cause fixe cette valeur à un taux plutôt qu’à un autre.

C’est la somme, ou, si vous voulez, le nombre de pièces qui se trouvent dans chaque canton. On donne et l’on reçoit, dans les ventes et dans les achats, d’autant plus de pièces qu’il y en a davantage dans le canton. Ainsi, le quintal métrique de blé, qui se vend aujour­d’hui pour 25 pièces d’un franc, se vendrait 50 francs, s’il y avait une fois plus de monnaie en circulation.

Dans cette supposition, y aurait-il quelque chose de changé à la richesse du pays ?

Non ; car celui qui recevrait une fois plus de monnaie pour son quintal de blé, serait obligé d’en donner une fois plus pour toutes les choses qu’il voudrait se procurer, et finalement, en échange de son blé, il n’aurait obtenu que la même quantité de produits, la même somme de jouissances. Quant à ceux qui sont possesseurs de monnaie, ayant 50 pièces qui ne vaudraient pas plus que 25, ils ne seraient pas plus riches qu’ils ne le sont avec 25 pièces.

A-t-on des exemples d’une pareille multiplication et d’une pareille dépréciation des monnaies ?

On a des exemples d’une multiplication et d’une dépréciation bien plus grande. Avant la découverte de l’Amérique, une même pièce d’argent valait cinq ou six fois plus qu’elle ne vaut à présent ; et lorsqu’on a fait en différents pays, à certaines époques, de la monnaie de papier pour des sommes énormes, la valeur de cette monnaie s’est dégradée en proportion.

La valeur des monnaies peut-elle augmenter comme elle peut diminuer ?

Oui : ce cas arrive lorsque la quantité de monnaie diminue, ou bien quand le nombre des échanges qui se font journellement dans le canton vient à augmenter, parce qu’alors le besoin de monnaie, la demande qu’on en fait, deviennent plus étendus. Des échanges plus considé­rables en valeur et plus multipliés en nombre exigent une plus grande quantité de pièces de monnaie.

Dans quel cas le nombre des échanges augmente-t-il ?

Lorsque le canton devient plus riche, lorsqu’on y crée plus de produits, et qu’on en con­somme davantage ; lorsque la population croit en conséquence ; comme il est arrivé en France où, depuis la fin du 16e siècle, la population a doublé, et où la production et la con­som­mation ont peut-être quadruplé†.

Comment se manifestent les changements de valeur dans les monnaies ?

Quand la valeur des monnaies hausse, on donne moins de monnaie en échange de toute espèce de marchandise. En d’autres termes, le prix de toutes les marchandises baisse.

Quand, au contraire, la valeur des monnaies décline, on donne plus 1e monnaie dans cha­que achat ; le prix de toutes les marchandises hausse.

Se sert-on également de plusieurs sortes de matières pour fabriquer des monnaies ?

On s’est servi, suivant l’occasion, de fer, de cuivre, de coquilles, de cuir, de papier : mais les matières qui réunissent le plus d’avantages pour faire les fonctions de monnaies, sont l’or et l’argent, que l’on appelle aussi les métaux précieux. L’argent est le plus généralement employé ; ce qui fait que, dans l’usage commun, on dit fréquemment de l’argent pour dire de la monnaie.

Emploie-t-on indifféremment tout métal d’argent comme monnaie ?

Non : on ne se sert ordinairement, pour cet usage, que de l’argent qui a reçu une empreinte dans les manufactures du gouvernement, qu’on appelle des Hôtels des Monnaies.

L’empreinte est-elle nécessaire pour que l’argent serve aux échanges ?

Non, pas absolument : en Chine, on se sert d’argent qui n’est pas frappé en pièces ; mais l’empreinte que le gouvernement donne aux pièces est extrêmement utile, en ce qu’elle évite à ceux qui reçoivent de la monnaie d’argent, le soin de peser le métal et surtout de l’essayer; ce qui est une opération délicate et difficile.

L’empreinte étant utile, n’ajoute-t-elle pas à la valeur d’une pièce de monnaie ?

Sans doute, à moins que le gouvernement n’en frappe en assez grande quantité pour qu’une pièce qui porte l’empreinte baisse de valeur jusqu’à ne pas valoir plus qu’un petit lingot du même poids et de la même pureté.

Une monnaie frappée peut-elle tomber au-dessous de la valeur d’un petit lingot qui l’égale en poids ?

Non ; parce qu’alors son possesseur, en la fondant, l’élèverait aisément de la valeur d’une pièce à la valeur du lingot. Une monnaie métallique, par cette raison, ne peut jamais tomber au-dessous de la valeur du métal dont elle est faite.

Pourquoi les gouvernements se réservent-ils exclusivement le droit de frapper les monnaies ?

Afin de prévenir l’abus que des particuliers pourraient faire de cette fabrication, en ne donnant pas aux pièces le titre et le poids annoncés par l’empreinte ; et aussi quelquefois afin de s’en attribuer le bénéfice, qui fait partie des revenus du fisc†.

La monnaie d’argent et la monnaie d’or varient-elles dans leur valeur réciproque ?
Leur valeur varie perpétuellement comme celle de toutes les marchandises, suivant le besoin qu’on a de l’une ou de l’autre, et la quantité qui s’en trouve dans la circulation. De là l’agio, ou bénéfice que l’on paie quelquefois pour obtenir 20 francs en or contre 20 francs en argent.

La même variation de valeur existe-t-elle entre les pièces de cuivre et les pièces d’argent†?

Non, pas ordinairement ; par la raison que l’on ne reçoit pas la monnaie de cuivre pur, et celle de cuivre mélangé d’argent, qu’on nomme billon, sur le pied de leur valeur propre ; mais en raison de la facilité qu’elles procurent d’obtenir par leur moyen une pièce d’argent. Si cent sous qu’on me paie en cuivre ne valent réellement que trois francs, peu m’importe ; je les reçois pour cinq francs, parce que je suis assuré d’avoir, quand je voudrai, par leur moyen, une pièce de cinq francs. Mais quand la monnaie de cuivre devient trop abondante, et que, par son moyen, on ne peut plus avoir à volonté la quantité d’argent qu’elle représente, sa valeur s’altère, et l’on ne peut plus s’en défaire sans perte.

Jean-Baptiste Say in Catéchisme d’Economie Politique

De la Monnaie.

mai 25, 2007

Qu’est-ce que la monnaie ?

La monnaie est un produit de l’industrie, une marchandise qui a une valeur échangeable. Une certaine quantité de monnaie, et une certaine quantité de toute autre marchandise, quand leur valeur est exactement pareille, sont deux portions de richesses égales entre elles.

D’où vient à la monnaie sa valeur ?

De ses usages; c’est-à-dire qu’elle tire sa de la même source que quelque produit que ce soit Le besoin qu’on en a fait qu’on y attache un prix et que l’on offre pour en avoir une certaine quantité de tout autre produit quelconque.

Ce n’est donc pas le gouvernement qui fixe la valeur des monnaies ?

Non ; le gouvernement peut bien ordonner qu’une pièce de monnaie s’appellera un franc, cinq francs, mais il ne peut pas déterminer ce qu’un marchand vous donnera de marchandise pour un franc, pour cinq francs. Or, vous savez que la valeur d’une chose se mesure par la quantité de toute autre chose que l’on consent communément à donner pour en obtenir la possession.


Vous dites que la monnaie tire sa valeur de ses usages ; cependant elle ne peut servir à satisfaire aucun besoin.

Elle est d’un fort grand usage pour tous ceux qui sont appelés à effectuer quelque échange†; et vous avez appris (chap. XI) les raisons pour lesquelles les hommes sont tous obligés d’effectuer des échanges, par conséquent de se servir de monnaie.

Comment la monnaie sert-elle dans les échanges ?

Elle sert en ceci, que lorsque vous voulez changer le produit qui vous est inutile, contre un autre que vous voulez consommer, il vous est commode, et le plus souvent indispensable de commencer par changer votre produit superflu en cet autre produit appelé monnaie, afin de changer ensuite la monnaie contre la chose qui vous est nécessaire.

Pourquoi l’échange préalable contre de la monnaie est-il commode et souvent indis­pensable ?

Pour deux raisons : en premier lieu, parce que la chose que vous voulez donner en échan­ge diffère le plus souvent en valeur de la chose que vous voulez recevoir. Si la monnaie n’existait pas et que vous voulussiez échanger une montre de quatre louis contre un chapeau d’un louis, vous seriez obligé de donner une valeur quatre fois supérieure à celle que vous recevriez. Que si vous vouliez seulement donner le quart de votre montre, vous ne le pourriez sans détruire sa valeur tout entière, ce qui serait encore pis. Mais si vous commencez par changer votre montre contre quatre louis, vous pouvez alors donner le quart de la valeur de votre montre pour avoir un chapeau, et conserver les trois autres quarts de la même valeur pour l’acquisition de tout autre objet. La monnaie, comme vous le voyez, vous est utile pour cette opération.

Quel est le second motif qui fait désirer de se procurer de la monnaie ?

Une marchandise autre que la monnaie pourrait se proportionner, en quantité, à la valeur de la chose que vous souhaitez vendre. Vous pourriez avoir une quantité de riz pareille en valeur à la montre dont vous voulez vous défaire, et vous pourriez donner en riz une quantité équivalente à la valeur du chapeau que vous voulez acquérir ; mais vous n’êtes pas certain que le marchand de chapeau ait besoin du riz que vous pourriez lui offrir, tandis que vous êtes certain qu’il recevra volontiers la monnaie dont vous vous êtes rendu possesseur.

D’où peut me venir cette certitude ?

Du besoin que toute personne a de faire des achats pour satisfaire à ses besoins.

Une marchandise, quand on ne veut pas la consommer immédiatement pour satisfaire un besoin, ne convient qu’à ceux qui en font commerce, à ceux qui sont connus pour en être marchands, qui savent par conséquent où sont ses débouchés, ce qu’elle vaut exactement, et par quels moyens on peut réussir à la vendre. Or, la monnaie est une marchandise dont tout le monde est marchand, car tout le monde a des achats à faire, et c’est être marchand de mon­naie que d’en offrir en échange de toutes les choses que l’on achète journellement. Vous êtes donc assuré qu’en offrant de la monnaie à une personne quelconque, et pour quelque échange que ce soit, vous lui offrez une marchandise dont elle a le placement assuré†.

Pourquoi, même dans le cas où la marchandise que je reçois vaut bien réellement son prix, considère-t-on celui qui me vend comme faisant une meilleure affaire que moi qui achète ?

Celui qui vend a deux marchés à conclure pour obtenir la marchandise dont il a besoin, à la place de celle qui est pour lui superflue : il faut qu’il change d’abord celle-ci en monnaie, et qu’il change ensuite cette monnaie contre la chose qu’il veut avoir. Lorsqu’une fois il a effectué le premier de ces deux échanges, il ne lui reste plus que le second à terminer, et c’est le plus facile, parce qu’au lien d’une marchandise qui ne pouvait convenir qu’à un petit nom­bre de personnes, il a désormais en sa possession de la monnaie, c’est-à-dire une marchandise qui est à l’usage de tout le monde.


Je vois quelle est la source de la valeur de la monnaie ; mais je voudrais savoir quelle cause fixe cette valeur à un taux plutôt qu’à un autre.

C’est la somme, ou, si vous voulez, le nombre de pièces qui se trouvent dans chaque canton. On donne et l’on reçoit, dans les ventes et dans les achats, d’autant plus de pièces qu’il y en a davantage dans le canton. Ainsi, le quintal métrique de blé, qui se vend aujour­d’hui pour 25 pièces d’un franc, se vendrait 50 francs, s’il y avait une fois plus de monnaie en circulation.

Dans cette supposition, y aurait-il quelque chose de changé à la richesse du pays ?

Non ; car celui qui recevrait une fois plus de monnaie pour son quintal de blé, serait obligé d’en donner une fois plus pour toutes les choses qu’il voudrait se procurer, et finalement, en échange de son blé, il n’aurait obtenu que la même quantité de produits, la même somme de jouissances. Quant à ceux qui sont possesseurs de monnaie, ayant 50 pièces qui ne vaudraient pas plus que 25, ils ne seraient pas plus riches qu’ils ne le sont avec 25 pièces.

A-t-on des exemples d’une pareille multiplication et d’une pareille dépréciation des monnaies ?

On a des exemples d’une multiplication et d’une dépréciation bien plus grande. Avant la découverte de l’Amérique, une même pièce d’argent valait cinq ou six fois plus qu’elle ne vaut à présent ; et lorsqu’on a fait en différents pays, à certaines époques, de la monnaie de papier pour des sommes énormes, la valeur de cette monnaie s’est dégradée en proportion.

La valeur des monnaies peut-elle augmenter comme elle peut diminuer ?

Oui : ce cas arrive lorsque la quantité de monnaie diminue, ou bien quand le nombre des échanges qui se font journellement dans le canton vient à augmenter, parce qu’alors le besoin de monnaie, la demande qu’on en fait, deviennent plus étendus. Des échanges plus considé­rables en valeur et plus multipliés en nombre exigent une plus grande quantité de pièces de monnaie.

Dans quel cas le nombre des échanges augmente-t-il ?

Lorsque le canton devient plus riche, lorsqu’on y crée plus de produits, et qu’on en con­somme davantage ; lorsque la population croit en conséquence ; comme il est arrivé en France où, depuis la fin du 16e siècle, la population a doublé, et où la production et la con­som­mation ont peut-être quadruplé†.

Comment se manifestent les changements de valeur dans les monnaies ?

Quand la valeur des monnaies hausse, on donne moins de monnaie en échange de toute espèce de marchandise. En d’autres termes, le prix de toutes les marchandises baisse.

Quand, au contraire, la valeur des monnaies décline, on donne plus 1e monnaie dans cha­que achat ; le prix de toutes les marchandises hausse.

Se sert-on également de plusieurs sortes de matières pour fabriquer des monnaies ?

On s’est servi, suivant l’occasion, de fer, de cuivre, de coquilles, de cuir, de papier : mais les matières qui réunissent le plus d’avantages pour faire les fonctions de monnaies, sont l’or et l’argent, que l’on appelle aussi les métaux précieux. L’argent est le plus généralement employé ; ce qui fait que, dans l’usage commun, on dit fréquemment de l’argent pour dire de la monnaie.

Emploie-t-on indifféremment tout métal d’argent comme monnaie ?

Non : on ne se sert ordinairement, pour cet usage, que de l’argent qui a reçu une empreinte dans les manufactures du gouvernement, qu’on appelle des Hôtels des Monnaies.

L’empreinte est-elle nécessaire pour que l’argent serve aux échanges ?

Non, pas absolument : en Chine, on se sert d’argent qui n’est pas frappé en pièces ; mais l’empreinte que le gouvernement donne aux pièces est extrêmement utile, en ce qu’elle évite à ceux qui reçoivent de la monnaie d’argent, le soin de peser le métal et surtout de l’essayer; ce qui est une opération délicate et difficile.

L’empreinte étant utile, n’ajoute-t-elle pas à la valeur d’une pièce de monnaie ?

Sans doute, à moins que le gouvernement n’en frappe en assez grande quantité pour qu’une pièce qui porte l’empreinte baisse de valeur jusqu’à ne pas valoir plus qu’un petit lingot du même poids et de la même pureté.

Une monnaie frappée peut-elle tomber au-dessous de la valeur d’un petit lingot qui l’égale en poids ?

Non ; parce qu’alors son possesseur, en la fondant, l’élèverait aisément de la valeur d’une pièce à la valeur du lingot. Une monnaie métallique, par cette raison, ne peut jamais tomber au-dessous de la valeur du métal dont elle est faite.

Pourquoi les gouvernements se réservent-ils exclusivement le droit de frapper les monnaies ?

Afin de prévenir l’abus que des particuliers pourraient faire de cette fabrication, en ne donnant pas aux pièces le titre et le poids annoncés par l’empreinte ; et aussi quelquefois afin de s’en attribuer le bénéfice, qui fait partie des revenus du fisc†.

La monnaie d’argent et la monnaie d’or varient-elles dans leur valeur réciproque ?
Leur valeur varie perpétuellement comme celle de toutes les marchandises, suivant le besoin qu’on a de l’une ou de l’autre, et la quantité qui s’en trouve dans la circulation. De là l’agio, ou bénéfice que l’on paie quelquefois pour obtenir 20 francs en or contre 20 francs en argent.

La même variation de valeur existe-t-elle entre les pièces de cuivre et les pièces d’argent†?

Non, pas ordinairement ; par la raison que l’on ne reçoit pas la monnaie de cuivre pur, et celle de cuivre mélangé d’argent, qu’on nomme billon, sur le pied de leur valeur propre ; mais en raison de la facilité qu’elles procurent d’obtenir par leur moyen une pièce d’argent. Si cent sous qu’on me paie en cuivre ne valent réellement que trois francs, peu m’importe ; je les reçois pour cinq francs, parce que je suis assuré d’avoir, quand je voudrai, par leur moyen, une pièce de cinq francs. Mais quand la monnaie de cuivre devient trop abondante, et que, par son moyen, on ne peut plus avoir à volonté la quantité d’argent qu’elle représente, sa valeur s’altère, et l’on ne peut plus s’en défaire sans perte.

Jean-Baptiste Say in Catéchisme d’Economie Politique

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