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Des Effets économiques de l’Impôt.

septembre 29, 2007

Que peut-on désirer de savoir relativement aux effets de l’impôt ?

On peut désirer de savoir sur qui tombe réellement son fardeau, et quel est son résultat par rapport à la prospérité nationale.

L’impôt ne pèse-t-il pas uniquement sur le contribuable qui l’acquitte ?

Non : quand c’est le producteur d’un produit qui acquitte l’impôt, il cherche à s’en rem­bour­ser autant que possible en vendant ses produits plus cher. Quand c’est le consommateur, il diminue sa consommation ; d’où résulte une diminution de demande et de prix, qui dimi­nue les profits du producteur.

Faites-moi comprendre ces effets par des exemples.

Lorsqu’on met un droit sur l’entrée à Paris du bois de chauffage, le marchand de bois, pour faire payer ce droit par le consommateur, élève le prix de sa marchandise.

Le consommateur de bois paie-t-il, par ce moyen, la totalité du droit ?

Probablement non ; car les consommateurs de bois, ou du moins une forte partie d’entre eux réduisent leur consommation à mesure que ce produit devient plus cher. En effet, sur quoi payons-nous notre combustible ? Sur notre revenu, quelle qu’en soit la source. Chacun de nous consacre une portion de son revenu à chacune de ses consommations. Celui qui a 10,000 francs à dépenser tous les ans, consacre, par supposition, 300 francs à son combus­tible : il obtient pour cette somme douze mesures de bois. Si l’impôt est d’un sixième de la valeur de la denrée, il n’en obtiendra plus pour la même somme que dix mesures.

Il réduira de même sa consommation de vin en raison de l’impôt sur le vin ; son logement en raison de l’impôt sur les loyers ; et il est impossible qu’il fasse autrement ; car il n’a que 10,000 francs à dépenser, il est impossible qu’il en dépense 12,000.

Comment cet effet réagit-il sur le producteur ?

La demande qu’on fait en général d’un produit venant à diminuer à la suite de son renchérissement, les profits des producteurs en sont affectés. Si le bois était à 28 francs la mesure, un droit de 4 francs le porterait à 32 ; mais il faudrait, pour cela, que la consom­mation rest‚t la même, ce qui n’est pas possible. Dès lors les producteurs de bois seront forcés de renoncer à une partie de leurs profits, et de le céder, par exemple, à 30 francs†; l’acheteur paiera ainsi son combustible 2 francs de plus, quoique le producteur le vende 2 francs de moins, et le droit de 4 francs aura porté sur le revenu de l’un et de l’autre. Car c’est toujours, en définitive, les revenus des particuliers qui doivent payer l’impôt†.

Quand on demande l’impôt au consommateur, comment le producteur en supporte-t-il sa part ?

Par une suite des mêmes nécessités : si un consommateur achète du vin en Bourgogne, les droits qu’on lui fera payer l’obligeront à réduire sa consommation de vin ; et le marchand, pour vendre, sera obligé de réduire son prix. Aussi remarque-t-on que, plus les droits font renchérir les consommations, moins les producteurs gagnent.

Est-ce toujours d’après des proportions fixes que les producteurs et les consommateurs supportent leur part des impôts ?

Non ; c’est dans des proportions qui varient beaucoup, suivant les denrées et suivant les circonstances. Quelquefois l’acheteur d’une denrée fort nécessaire ne diminue pas sa con­som­mation en vertu du renchérissement ; mais comme il ne peut toujours dépenser qu’une somme bornée, il supprime, en tout ou en partie, une autre consommation, et c’est quel­quefois le producteur du sucre qui supporte une partie d’un impôt mis sur la viande.

Qu’observez-vous à ce sujet ?

Que le bois, le sucre, la viande, ce qu’on appelle communément la matière imposable, ne sont en réalité qu prétexte à l’occasion du quel on fait payer un impôt, et que tout impôt porte réellement, soit sur les revenus de tous genres des consommateurs qu’ils diminuent en rendant les produits plus chers, soit sur les revenus des producteurs, en rendant les profits moins considérables. Dans la plupart des cas, ce double effet a lieu tout à la fois†.

L’impôt ne fait-il pas à une nation un tort indépendant de la valeur qu’il fait payer au contribuable ?

Oui, surtout quand il est excessif. Il supprime en partie la production de certains produits. En France, avant la révolution, une partie des provinces payaient l’impôt sur le sel ; d’autres provinces ne le payaient pas. La consommation de sel était chaque année, dans les premières, de neuf livres de sel par tête, et dans les secondes de dix-huit livres. Ainsi, outre les 40 millions que payaient les provinces soumises à la gabelle, elles perdaient les profits attachés à la production, et les jouissances attachées à la consommation de neuf livres de sel par personne.

D’autres inconvénients ne suivent-ils pas le recouvrement des droits ?

Oui ; c’en est un très-grave que la nécessité de visiter aux frontières, et quelquefois à l’entrée des villes, les ballots du commerce et les effets des voyageurs. Il en résulte des pertes de temps et des détériorations de marchandises. Ce mal devient d’autant plus grave que les droits sont plus élevés : ce n’est qu’alors que les particuliers sont excités à la fraude, et que le fisc est obligé à des rigueurs.

L’impôt n’a-t-il pas le bon effet de favoriser la production, en obligeant les producteurs à un redoublement d’efforts ?

Les producteurs ne sont jamais plus excités à produire que par la certitude de jouir sans réserve du fruit de leurs efforts ; et l’impôt ne les en laisse pas jouir sans réserve. On peut donc conclure qu’il borne plutôt qu’il n’encourage les efforts de l’industrie†.

Quels sont les effets de l’impôt ?

Quand les droits sont excessifs, ils provoquent la fraude ; or, la fraude est un tort réel que font les fraudeurs aux producteurs qui ne le sont pas ; elle oblige le gouvernement à prendre des moyens de répression qui sont odieux ; à salarier des armées de commis et de gardes qui augmentent considérablement les frais de recouvrement.

Ne pourrait-on pas obtenir quelques bons effets des contributions, outre les besoins publics qu’elles sont destinées à satisfaire ?

Oui ; en les faisant porter sur les consommations mal entendues. C’est l’effet que produisent les impôts sur les objets de luxe et les habitudes contraires à la morale.

Le gouvernement ne rend-il pas au public, par ses dépenses, l’argent qu’il lève sur le public par les contributions ?

Lorsque le gouvernement ou ses agents font des achats avec l’argent qui provient des contributions, ils ne font pas au public un don de cet argent ; ils obtiennent des marchands une valeur égale à celle qu’ils donnent. Ce n’est donc point une restitution qu’ils opèrent. Que penseriez-vous d’un propriétaire foncier qui, après avoir reçu de son fermier le loyer de sa terre, prétendrait lui avoir rendu son fermage, parce qu’il l’aurait employé tout entier à acheter le blé, le beurre, les laines du fermier ? Ceux qui pensent que le gouvernement rend à la nation, par ses dépenses, ce qu’il lève sur la nation par les contributions, font un raison­nement qui n’est pas moins ridicule.

Cependant le gouvernement, par ses dépenses, rend à la circulation l’argent qu’il a levé.

L’argent qu’il reverse dans la circulation ne vaut pas plus que les objets qu’il achète, en supposant les achats faits selon les prix courants.

Il encourage du moins la production des objets qu’il achète ?

Oui ; mais s’il avait laissé cet argent aux contribuables, ceux-ci auraient employé ce même argent à des achats d’où serait résulté un encouragement précisément égal. Cet encoura­gement se serait même perpétuellement renouvelé si le contribuable avait employé l’argent à une dépense reproductive. Vous ne pouvez pas avoir oublié que la consommation reproduc­tive favorise la production au même degré que la consommation stérile, et que n’étant autre chose qu’une avance, l’encouragement qui en résulte se renouvelle chaque fois que la rentrée permet de répéter la même avance. Les sommes que l’économie dans les dépenses publiques laisse aux contribuables la possibilité de mettre de côté, deviennent, entre leurs mains, des portions de capital.

Jean-Baptiste Say in Catéchisme d’Economie Politique

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Des Effets économiques de l’Impôt. (Jean-Baptiste Say)

septembre 29, 2007

Que peut-on désirer de savoir relativement aux effets de l’impôt ?

On peut désirer de savoir sur qui tombe réellement son fardeau, et quel est son résultat par rapport à la prospérité nationale.

L’impôt ne pèse-t-il pas uniquement sur le contribuable qui l’acquitte ?

Non : quand c’est le producteur d’un produit qui acquitte l’impôt, il cherche à s’en rem­bour­ser autant que possible en vendant ses produits plus cher. Quand c’est le consommateur, il diminue sa consommation ; d’où résulte une diminution de demande et de prix, qui dimi­nue les profits du producteur.

Faites-moi comprendre ces effets par des exemples.

Lorsqu’on met un droit sur l’entrée à Paris du bois de chauffage, le marchand de bois, pour faire payer ce droit par le consommateur, élève le prix de sa marchandise.

Le consommateur de bois paie-t-il, par ce moyen, la totalité du droit ?

Probablement non ; car les consommateurs de bois, ou du moins une forte partie d’entre eux réduisent leur consommation à mesure que ce produit devient plus cher. En effet, sur quoi payons-nous notre combustible ? Sur notre revenu, quelle qu’en soit la source. Chacun de nous consacre une portion de son revenu à chacune de ses consommations. Celui qui a 10,000 francs à dépenser tous les ans, consacre, par supposition, 300 francs à son combus­tible : il obtient pour cette somme douze mesures de bois. Si l’impôt est d’un sixième de la valeur de la denrée, il n’en obtiendra plus pour la même somme que dix mesures.

Il réduira de même sa consommation de vin en raison de l’impôt sur le vin ; son logement en raison de l’impôt sur les loyers ; et il est impossible qu’il fasse autrement ; car il n’a que 10,000 francs à dépenser, il est impossible qu’il en dépense 12,000.

Comment cet effet réagit-il sur le producteur ?

La demande qu’on fait en général d’un produit venant à diminuer à la suite de son renchérissement, les profits des producteurs en sont affectés. Si le bois était à 28 francs la mesure, un droit de 4 francs le porterait à 32 ; mais il faudrait, pour cela, que la consom­mation rest‚t la même, ce qui n’est pas possible. Dès lors les producteurs de bois seront forcés de renoncer à une partie de leurs profits, et de le céder, par exemple, à 30 francs†; l’acheteur paiera ainsi son combustible 2 francs de plus, quoique le producteur le vende 2 francs de moins, et le droit de 4 francs aura porté sur le revenu de l’un et de l’autre. Car c’est toujours, en définitive, les revenus des particuliers qui doivent payer l’impôt†.

Quand on demande l’impôt au consommateur, comment le producteur en supporte-t-il sa part ?

Par une suite des mêmes nécessités : si un consommateur achète du vin en Bourgogne, les droits qu’on lui fera payer l’obligeront à réduire sa consommation de vin ; et le marchand, pour vendre, sera obligé de réduire son prix. Aussi remarque-t-on que, plus les droits font renchérir les consommations, moins les producteurs gagnent.

Est-ce toujours d’après des proportions fixes que les producteurs et les consommateurs supportent leur part des impôts ?

Non ; c’est dans des proportions qui varient beaucoup, suivant les denrées et suivant les circonstances. Quelquefois l’acheteur d’une denrée fort nécessaire ne diminue pas sa con­som­mation en vertu du renchérissement ; mais comme il ne peut toujours dépenser qu’une somme bornée, il supprime, en tout ou en partie, une autre consommation, et c’est quel­quefois le producteur du sucre qui supporte une partie d’un impôt mis sur la viande.

Qu’observez-vous à ce sujet ?

Que le bois, le sucre, la viande, ce qu’on appelle communément la matière imposable, ne sont en réalité qu prétexte à l’occasion du quel on fait payer un impôt, et que tout impôt porte réellement, soit sur les revenus de tous genres des consommateurs qu’ils diminuent en rendant les produits plus chers, soit sur les revenus des producteurs, en rendant les profits moins considérables. Dans la plupart des cas, ce double effet a lieu tout à la fois†.

L’impôt ne fait-il pas à une nation un tort indépendant de la valeur qu’il fait payer au contribuable ?

Oui, surtout quand il est excessif. Il supprime en partie la production de certains produits. En France, avant la révolution, une partie des provinces payaient l’impôt sur le sel ; d’autres provinces ne le payaient pas. La consommation de sel était chaque année, dans les premières, de neuf livres de sel par tête, et dans les secondes de dix-huit livres. Ainsi, outre les 40 millions que payaient les provinces soumises à la gabelle, elles perdaient les profits attachés à la production, et les jouissances attachées à la consommation de neuf livres de sel par personne.

D’autres inconvénients ne suivent-ils pas le recouvrement des droits ?

Oui ; c’en est un très-grave que la nécessité de visiter aux frontières, et quelquefois à l’entrée des villes, les ballots du commerce et les effets des voyageurs. Il en résulte des pertes de temps et des détériorations de marchandises. Ce mal devient d’autant plus grave que les droits sont plus élevés : ce n’est qu’alors que les particuliers sont excités à la fraude, et que le fisc est obligé à des rigueurs.

L’impôt n’a-t-il pas le bon effet de favoriser la production, en obligeant les producteurs à un redoublement d’efforts ?

Les producteurs ne sont jamais plus excités à produire que par la certitude de jouir sans réserve du fruit de leurs efforts ; et l’impôt ne les en laisse pas jouir sans réserve. On peut donc conclure qu’il borne plutôt qu’il n’encourage les efforts de l’industrie†.

Quels sont les effets de l’impôt ?

Quand les droits sont excessifs, ils provoquent la fraude ; or, la fraude est un tort réel que font les fraudeurs aux producteurs qui ne le sont pas ; elle oblige le gouvernement à prendre des moyens de répression qui sont odieux ; à salarier des armées de commis et de gardes qui augmentent considérablement les frais de recouvrement.

Ne pourrait-on pas obtenir quelques bons effets des contributions, outre les besoins publics qu’elles sont destinées à satisfaire ?

Oui ; en les faisant porter sur les consommations mal entendues. C’est l’effet que produisent les impôts sur les objets de luxe et les habitudes contraires à la morale.

Le gouvernement ne rend-il pas au public, par ses dépenses, l’argent qu’il lève sur le public par les contributions ?

Lorsque le gouvernement ou ses agents font des achats avec l’argent qui provient des contributions, ils ne font pas au public un don de cet argent ; ils obtiennent des marchands une valeur égale à celle qu’ils donnent. Ce n’est donc point une restitution qu’ils opèrent. Que penseriez-vous d’un propriétaire foncier qui, après avoir reçu de son fermier le loyer de sa terre, prétendrait lui avoir rendu son fermage, parce qu’il l’aurait employé tout entier à acheter le blé, le beurre, les laines du fermier ? Ceux qui pensent que le gouvernement rend à la nation, par ses dépenses, ce qu’il lève sur la nation par les contributions, font un raison­nement qui n’est pas moins ridicule.

Cependant le gouvernement, par ses dépenses, rend à la circulation l’argent qu’il a levé.

L’argent qu’il reverse dans la circulation ne vaut pas plus que les objets qu’il achète, en supposant les achats faits selon les prix courants.

Il encourage du moins la production des objets qu’il achète ?

Oui ; mais s’il avait laissé cet argent aux contribuables, ceux-ci auraient employé ce même argent à des achats d’où serait résulté un encouragement précisément égal. Cet encoura­gement se serait même perpétuellement renouvelé si le contribuable avait employé l’argent à une dépense reproductive. Vous ne pouvez pas avoir oublié que la consommation reproduc­tive favorise la production au même degré que la consommation stérile, et que n’étant autre chose qu’une avance, l’encouragement qui en résulte se renouvelle chaque fois que la rentrée permet de répéter la même avance. Les sommes que l’économie dans les dépenses publiques laisse aux contribuables la possibilité de mettre de côté, deviennent, entre leurs mains, des portions de capital.

Jean-Baptiste Say in Catéchisme d’Economie Politique

De la Monnaie.

mai 25, 2007

Qu’est-ce que la monnaie ?

La monnaie est un produit de l’industrie, une marchandise qui a une valeur échangeable. Une certaine quantité de monnaie, et une certaine quantité de toute autre marchandise, quand leur valeur est exactement pareille, sont deux portions de richesses égales entre elles.

D’où vient à la monnaie sa valeur ?

De ses usages; c’est-à-dire qu’elle tire sa de la même source que quelque produit que ce soit Le besoin qu’on en a fait qu’on y attache un prix et que l’on offre pour en avoir une certaine quantité de tout autre produit quelconque.

Ce n’est donc pas le gouvernement qui fixe la valeur des monnaies ?

Non ; le gouvernement peut bien ordonner qu’une pièce de monnaie s’appellera un franc, cinq francs, mais il ne peut pas déterminer ce qu’un marchand vous donnera de marchandise pour un franc, pour cinq francs. Or, vous savez que la valeur d’une chose se mesure par la quantité de toute autre chose que l’on consent communément à donner pour en obtenir la possession.


Vous dites que la monnaie tire sa valeur de ses usages ; cependant elle ne peut servir à satisfaire aucun besoin.

Elle est d’un fort grand usage pour tous ceux qui sont appelés à effectuer quelque échange†; et vous avez appris (chap. XI) les raisons pour lesquelles les hommes sont tous obligés d’effectuer des échanges, par conséquent de se servir de monnaie.

Comment la monnaie sert-elle dans les échanges ?

Elle sert en ceci, que lorsque vous voulez changer le produit qui vous est inutile, contre un autre que vous voulez consommer, il vous est commode, et le plus souvent indispensable de commencer par changer votre produit superflu en cet autre produit appelé monnaie, afin de changer ensuite la monnaie contre la chose qui vous est nécessaire.

Pourquoi l’échange préalable contre de la monnaie est-il commode et souvent indis­pensable ?

Pour deux raisons : en premier lieu, parce que la chose que vous voulez donner en échan­ge diffère le plus souvent en valeur de la chose que vous voulez recevoir. Si la monnaie n’existait pas et que vous voulussiez échanger une montre de quatre louis contre un chapeau d’un louis, vous seriez obligé de donner une valeur quatre fois supérieure à celle que vous recevriez. Que si vous vouliez seulement donner le quart de votre montre, vous ne le pourriez sans détruire sa valeur tout entière, ce qui serait encore pis. Mais si vous commencez par changer votre montre contre quatre louis, vous pouvez alors donner le quart de la valeur de votre montre pour avoir un chapeau, et conserver les trois autres quarts de la même valeur pour l’acquisition de tout autre objet. La monnaie, comme vous le voyez, vous est utile pour cette opération.

Quel est le second motif qui fait désirer de se procurer de la monnaie ?

Une marchandise autre que la monnaie pourrait se proportionner, en quantité, à la valeur de la chose que vous souhaitez vendre. Vous pourriez avoir une quantité de riz pareille en valeur à la montre dont vous voulez vous défaire, et vous pourriez donner en riz une quantité équivalente à la valeur du chapeau que vous voulez acquérir ; mais vous n’êtes pas certain que le marchand de chapeau ait besoin du riz que vous pourriez lui offrir, tandis que vous êtes certain qu’il recevra volontiers la monnaie dont vous vous êtes rendu possesseur.

D’où peut me venir cette certitude ?

Du besoin que toute personne a de faire des achats pour satisfaire à ses besoins.

Une marchandise, quand on ne veut pas la consommer immédiatement pour satisfaire un besoin, ne convient qu’à ceux qui en font commerce, à ceux qui sont connus pour en être marchands, qui savent par conséquent où sont ses débouchés, ce qu’elle vaut exactement, et par quels moyens on peut réussir à la vendre. Or, la monnaie est une marchandise dont tout le monde est marchand, car tout le monde a des achats à faire, et c’est être marchand de mon­naie que d’en offrir en échange de toutes les choses que l’on achète journellement. Vous êtes donc assuré qu’en offrant de la monnaie à une personne quelconque, et pour quelque échange que ce soit, vous lui offrez une marchandise dont elle a le placement assuré†.

Pourquoi, même dans le cas où la marchandise que je reçois vaut bien réellement son prix, considère-t-on celui qui me vend comme faisant une meilleure affaire que moi qui achète ?

Celui qui vend a deux marchés à conclure pour obtenir la marchandise dont il a besoin, à la place de celle qui est pour lui superflue : il faut qu’il change d’abord celle-ci en monnaie, et qu’il change ensuite cette monnaie contre la chose qu’il veut avoir. Lorsqu’une fois il a effectué le premier de ces deux échanges, il ne lui reste plus que le second à terminer, et c’est le plus facile, parce qu’au lien d’une marchandise qui ne pouvait convenir qu’à un petit nom­bre de personnes, il a désormais en sa possession de la monnaie, c’est-à-dire une marchandise qui est à l’usage de tout le monde.


Je vois quelle est la source de la valeur de la monnaie ; mais je voudrais savoir quelle cause fixe cette valeur à un taux plutôt qu’à un autre.

C’est la somme, ou, si vous voulez, le nombre de pièces qui se trouvent dans chaque canton. On donne et l’on reçoit, dans les ventes et dans les achats, d’autant plus de pièces qu’il y en a davantage dans le canton. Ainsi, le quintal métrique de blé, qui se vend aujour­d’hui pour 25 pièces d’un franc, se vendrait 50 francs, s’il y avait une fois plus de monnaie en circulation.

Dans cette supposition, y aurait-il quelque chose de changé à la richesse du pays ?

Non ; car celui qui recevrait une fois plus de monnaie pour son quintal de blé, serait obligé d’en donner une fois plus pour toutes les choses qu’il voudrait se procurer, et finalement, en échange de son blé, il n’aurait obtenu que la même quantité de produits, la même somme de jouissances. Quant à ceux qui sont possesseurs de monnaie, ayant 50 pièces qui ne vaudraient pas plus que 25, ils ne seraient pas plus riches qu’ils ne le sont avec 25 pièces.

A-t-on des exemples d’une pareille multiplication et d’une pareille dépréciation des monnaies ?

On a des exemples d’une multiplication et d’une dépréciation bien plus grande. Avant la découverte de l’Amérique, une même pièce d’argent valait cinq ou six fois plus qu’elle ne vaut à présent ; et lorsqu’on a fait en différents pays, à certaines époques, de la monnaie de papier pour des sommes énormes, la valeur de cette monnaie s’est dégradée en proportion.

La valeur des monnaies peut-elle augmenter comme elle peut diminuer ?

Oui : ce cas arrive lorsque la quantité de monnaie diminue, ou bien quand le nombre des échanges qui se font journellement dans le canton vient à augmenter, parce qu’alors le besoin de monnaie, la demande qu’on en fait, deviennent plus étendus. Des échanges plus considé­rables en valeur et plus multipliés en nombre exigent une plus grande quantité de pièces de monnaie.

Dans quel cas le nombre des échanges augmente-t-il ?

Lorsque le canton devient plus riche, lorsqu’on y crée plus de produits, et qu’on en con­somme davantage ; lorsque la population croit en conséquence ; comme il est arrivé en France où, depuis la fin du 16e siècle, la population a doublé, et où la production et la con­som­mation ont peut-être quadruplé†.

Comment se manifestent les changements de valeur dans les monnaies ?

Quand la valeur des monnaies hausse, on donne moins de monnaie en échange de toute espèce de marchandise. En d’autres termes, le prix de toutes les marchandises baisse.

Quand, au contraire, la valeur des monnaies décline, on donne plus 1e monnaie dans cha­que achat ; le prix de toutes les marchandises hausse.

Se sert-on également de plusieurs sortes de matières pour fabriquer des monnaies ?

On s’est servi, suivant l’occasion, de fer, de cuivre, de coquilles, de cuir, de papier : mais les matières qui réunissent le plus d’avantages pour faire les fonctions de monnaies, sont l’or et l’argent, que l’on appelle aussi les métaux précieux. L’argent est le plus généralement employé ; ce qui fait que, dans l’usage commun, on dit fréquemment de l’argent pour dire de la monnaie.

Emploie-t-on indifféremment tout métal d’argent comme monnaie ?

Non : on ne se sert ordinairement, pour cet usage, que de l’argent qui a reçu une empreinte dans les manufactures du gouvernement, qu’on appelle des Hôtels des Monnaies.

L’empreinte est-elle nécessaire pour que l’argent serve aux échanges ?

Non, pas absolument : en Chine, on se sert d’argent qui n’est pas frappé en pièces ; mais l’empreinte que le gouvernement donne aux pièces est extrêmement utile, en ce qu’elle évite à ceux qui reçoivent de la monnaie d’argent, le soin de peser le métal et surtout de l’essayer; ce qui est une opération délicate et difficile.

L’empreinte étant utile, n’ajoute-t-elle pas à la valeur d’une pièce de monnaie ?

Sans doute, à moins que le gouvernement n’en frappe en assez grande quantité pour qu’une pièce qui porte l’empreinte baisse de valeur jusqu’à ne pas valoir plus qu’un petit lingot du même poids et de la même pureté.

Une monnaie frappée peut-elle tomber au-dessous de la valeur d’un petit lingot qui l’égale en poids ?

Non ; parce qu’alors son possesseur, en la fondant, l’élèverait aisément de la valeur d’une pièce à la valeur du lingot. Une monnaie métallique, par cette raison, ne peut jamais tomber au-dessous de la valeur du métal dont elle est faite.

Pourquoi les gouvernements se réservent-ils exclusivement le droit de frapper les monnaies ?

Afin de prévenir l’abus que des particuliers pourraient faire de cette fabrication, en ne donnant pas aux pièces le titre et le poids annoncés par l’empreinte ; et aussi quelquefois afin de s’en attribuer le bénéfice, qui fait partie des revenus du fisc†.

La monnaie d’argent et la monnaie d’or varient-elles dans leur valeur réciproque ?
Leur valeur varie perpétuellement comme celle de toutes les marchandises, suivant le besoin qu’on a de l’une ou de l’autre, et la quantité qui s’en trouve dans la circulation. De là l’agio, ou bénéfice que l’on paie quelquefois pour obtenir 20 francs en or contre 20 francs en argent.

La même variation de valeur existe-t-elle entre les pièces de cuivre et les pièces d’argent†?

Non, pas ordinairement ; par la raison que l’on ne reçoit pas la monnaie de cuivre pur, et celle de cuivre mélangé d’argent, qu’on nomme billon, sur le pied de leur valeur propre ; mais en raison de la facilité qu’elles procurent d’obtenir par leur moyen une pièce d’argent. Si cent sous qu’on me paie en cuivre ne valent réellement que trois francs, peu m’importe ; je les reçois pour cinq francs, parce que je suis assuré d’avoir, quand je voudrai, par leur moyen, une pièce de cinq francs. Mais quand la monnaie de cuivre devient trop abondante, et que, par son moyen, on ne peut plus avoir à volonté la quantité d’argent qu’elle représente, sa valeur s’altère, et l’on ne peut plus s’en défaire sans perte.

Jean-Baptiste Say in Catéchisme d’Economie Politique

De la Monnaie. (Jean-Baptiste Say)

mai 25, 2007

Qu’est-ce que la monnaie ?

La monnaie est un produit de l’industrie, une marchandise qui a une valeur échangeable. Une certaine quantité de monnaie, et une certaine quantité de toute autre marchandise, quand leur valeur est exactement pareille, sont deux portions de richesses égales entre elles.

D’où vient à la monnaie sa valeur ?

De ses usages; c’est-à-dire qu’elle tire sa de la même source que quelque produit que ce soit Le besoin qu’on en a fait qu’on y attache un prix et que l’on offre pour en avoir une certaine quantité de tout autre produit quelconque.

Ce n’est donc pas le gouvernement qui fixe la valeur des monnaies ?

Non ; le gouvernement peut bien ordonner qu’une pièce de monnaie s’appellera un franc, cinq francs, mais il ne peut pas déterminer ce qu’un marchand vous donnera de marchandise pour un franc, pour cinq francs. Or, vous savez que la valeur d’une chose se mesure par la quantité de toute autre chose que l’on consent communément à donner pour en obtenir la possession.


Vous dites que la monnaie tire sa valeur de ses usages ; cependant elle ne peut servir à satisfaire aucun besoin.

Elle est d’un fort grand usage pour tous ceux qui sont appelés à effectuer quelque échange†; et vous avez appris (chap. XI) les raisons pour lesquelles les hommes sont tous obligés d’effectuer des échanges, par conséquent de se servir de monnaie.

Comment la monnaie sert-elle dans les échanges ?

Elle sert en ceci, que lorsque vous voulez changer le produit qui vous est inutile, contre un autre que vous voulez consommer, il vous est commode, et le plus souvent indispensable de commencer par changer votre produit superflu en cet autre produit appelé monnaie, afin de changer ensuite la monnaie contre la chose qui vous est nécessaire.

Pourquoi l’échange préalable contre de la monnaie est-il commode et souvent indis­pensable ?

Pour deux raisons : en premier lieu, parce que la chose que vous voulez donner en échan­ge diffère le plus souvent en valeur de la chose que vous voulez recevoir. Si la monnaie n’existait pas et que vous voulussiez échanger une montre de quatre louis contre un chapeau d’un louis, vous seriez obligé de donner une valeur quatre fois supérieure à celle que vous recevriez. Que si vous vouliez seulement donner le quart de votre montre, vous ne le pourriez sans détruire sa valeur tout entière, ce qui serait encore pis. Mais si vous commencez par changer votre montre contre quatre louis, vous pouvez alors donner le quart de la valeur de votre montre pour avoir un chapeau, et conserver les trois autres quarts de la même valeur pour l’acquisition de tout autre objet. La monnaie, comme vous le voyez, vous est utile pour cette opération.

Quel est le second motif qui fait désirer de se procurer de la monnaie ?

Une marchandise autre que la monnaie pourrait se proportionner, en quantité, à la valeur de la chose que vous souhaitez vendre. Vous pourriez avoir une quantité de riz pareille en valeur à la montre dont vous voulez vous défaire, et vous pourriez donner en riz une quantité équivalente à la valeur du chapeau que vous voulez acquérir ; mais vous n’êtes pas certain que le marchand de chapeau ait besoin du riz que vous pourriez lui offrir, tandis que vous êtes certain qu’il recevra volontiers la monnaie dont vous vous êtes rendu possesseur.

D’où peut me venir cette certitude ?

Du besoin que toute personne a de faire des achats pour satisfaire à ses besoins.

Une marchandise, quand on ne veut pas la consommer immédiatement pour satisfaire un besoin, ne convient qu’à ceux qui en font commerce, à ceux qui sont connus pour en être marchands, qui savent par conséquent où sont ses débouchés, ce qu’elle vaut exactement, et par quels moyens on peut réussir à la vendre. Or, la monnaie est une marchandise dont tout le monde est marchand, car tout le monde a des achats à faire, et c’est être marchand de mon­naie que d’en offrir en échange de toutes les choses que l’on achète journellement. Vous êtes donc assuré qu’en offrant de la monnaie à une personne quelconque, et pour quelque échange que ce soit, vous lui offrez une marchandise dont elle a le placement assuré†.

Pourquoi, même dans le cas où la marchandise que je reçois vaut bien réellement son prix, considère-t-on celui qui me vend comme faisant une meilleure affaire que moi qui achète ?

Celui qui vend a deux marchés à conclure pour obtenir la marchandise dont il a besoin, à la place de celle qui est pour lui superflue : il faut qu’il change d’abord celle-ci en monnaie, et qu’il change ensuite cette monnaie contre la chose qu’il veut avoir. Lorsqu’une fois il a effectué le premier de ces deux échanges, il ne lui reste plus que le second à terminer, et c’est le plus facile, parce qu’au lien d’une marchandise qui ne pouvait convenir qu’à un petit nom­bre de personnes, il a désormais en sa possession de la monnaie, c’est-à-dire une marchandise qui est à l’usage de tout le monde.


Je vois quelle est la source de la valeur de la monnaie ; mais je voudrais savoir quelle cause fixe cette valeur à un taux plutôt qu’à un autre.

C’est la somme, ou, si vous voulez, le nombre de pièces qui se trouvent dans chaque canton. On donne et l’on reçoit, dans les ventes et dans les achats, d’autant plus de pièces qu’il y en a davantage dans le canton. Ainsi, le quintal métrique de blé, qui se vend aujour­d’hui pour 25 pièces d’un franc, se vendrait 50 francs, s’il y avait une fois plus de monnaie en circulation.

Dans cette supposition, y aurait-il quelque chose de changé à la richesse du pays ?

Non ; car celui qui recevrait une fois plus de monnaie pour son quintal de blé, serait obligé d’en donner une fois plus pour toutes les choses qu’il voudrait se procurer, et finalement, en échange de son blé, il n’aurait obtenu que la même quantité de produits, la même somme de jouissances. Quant à ceux qui sont possesseurs de monnaie, ayant 50 pièces qui ne vaudraient pas plus que 25, ils ne seraient pas plus riches qu’ils ne le sont avec 25 pièces.

A-t-on des exemples d’une pareille multiplication et d’une pareille dépréciation des monnaies ?

On a des exemples d’une multiplication et d’une dépréciation bien plus grande. Avant la découverte de l’Amérique, une même pièce d’argent valait cinq ou six fois plus qu’elle ne vaut à présent ; et lorsqu’on a fait en différents pays, à certaines époques, de la monnaie de papier pour des sommes énormes, la valeur de cette monnaie s’est dégradée en proportion.

La valeur des monnaies peut-elle augmenter comme elle peut diminuer ?

Oui : ce cas arrive lorsque la quantité de monnaie diminue, ou bien quand le nombre des échanges qui se font journellement dans le canton vient à augmenter, parce qu’alors le besoin de monnaie, la demande qu’on en fait, deviennent plus étendus. Des échanges plus considé­rables en valeur et plus multipliés en nombre exigent une plus grande quantité de pièces de monnaie.

Dans quel cas le nombre des échanges augmente-t-il ?

Lorsque le canton devient plus riche, lorsqu’on y crée plus de produits, et qu’on en con­somme davantage ; lorsque la population croit en conséquence ; comme il est arrivé en France où, depuis la fin du 16e siècle, la population a doublé, et où la production et la con­som­mation ont peut-être quadruplé†.

Comment se manifestent les changements de valeur dans les monnaies ?

Quand la valeur des monnaies hausse, on donne moins de monnaie en échange de toute espèce de marchandise. En d’autres termes, le prix de toutes les marchandises baisse.

Quand, au contraire, la valeur des monnaies décline, on donne plus 1e monnaie dans cha­que achat ; le prix de toutes les marchandises hausse.

Se sert-on également de plusieurs sortes de matières pour fabriquer des monnaies ?

On s’est servi, suivant l’occasion, de fer, de cuivre, de coquilles, de cuir, de papier : mais les matières qui réunissent le plus d’avantages pour faire les fonctions de monnaies, sont l’or et l’argent, que l’on appelle aussi les métaux précieux. L’argent est le plus généralement employé ; ce qui fait que, dans l’usage commun, on dit fréquemment de l’argent pour dire de la monnaie.

Emploie-t-on indifféremment tout métal d’argent comme monnaie ?

Non : on ne se sert ordinairement, pour cet usage, que de l’argent qui a reçu une empreinte dans les manufactures du gouvernement, qu’on appelle des Hôtels des Monnaies.

L’empreinte est-elle nécessaire pour que l’argent serve aux échanges ?

Non, pas absolument : en Chine, on se sert d’argent qui n’est pas frappé en pièces ; mais l’empreinte que le gouvernement donne aux pièces est extrêmement utile, en ce qu’elle évite à ceux qui reçoivent de la monnaie d’argent, le soin de peser le métal et surtout de l’essayer; ce qui est une opération délicate et difficile.

L’empreinte étant utile, n’ajoute-t-elle pas à la valeur d’une pièce de monnaie ?

Sans doute, à moins que le gouvernement n’en frappe en assez grande quantité pour qu’une pièce qui porte l’empreinte baisse de valeur jusqu’à ne pas valoir plus qu’un petit lingot du même poids et de la même pureté.

Une monnaie frappée peut-elle tomber au-dessous de la valeur d’un petit lingot qui l’égale en poids ?

Non ; parce qu’alors son possesseur, en la fondant, l’élèverait aisément de la valeur d’une pièce à la valeur du lingot. Une monnaie métallique, par cette raison, ne peut jamais tomber au-dessous de la valeur du métal dont elle est faite.

Pourquoi les gouvernements se réservent-ils exclusivement le droit de frapper les monnaies ?

Afin de prévenir l’abus que des particuliers pourraient faire de cette fabrication, en ne donnant pas aux pièces le titre et le poids annoncés par l’empreinte ; et aussi quelquefois afin de s’en attribuer le bénéfice, qui fait partie des revenus du fisc†.

La monnaie d’argent et la monnaie d’or varient-elles dans leur valeur réciproque ?
Leur valeur varie perpétuellement comme celle de toutes les marchandises, suivant le besoin qu’on a de l’une ou de l’autre, et la quantité qui s’en trouve dans la circulation. De là l’agio, ou bénéfice que l’on paie quelquefois pour obtenir 20 francs en or contre 20 francs en argent.

La même variation de valeur existe-t-elle entre les pièces de cuivre et les pièces d’argent†?

Non, pas ordinairement ; par la raison que l’on ne reçoit pas la monnaie de cuivre pur, et celle de cuivre mélangé d’argent, qu’on nomme billon, sur le pied de leur valeur propre ; mais en raison de la facilité qu’elles procurent d’obtenir par leur moyen une pièce d’argent. Si cent sous qu’on me paie en cuivre ne valent réellement que trois francs, peu m’importe ; je les reçois pour cinq francs, parce que je suis assuré d’avoir, quand je voudrai, par leur moyen, une pièce de cinq francs. Mais quand la monnaie de cuivre devient trop abondante, et que, par son moyen, on ne peut plus avoir à volonté la quantité d’argent qu’elle représente, sa valeur s’altère, et l’on ne peut plus s’en défaire sans perte.

Jean-Baptiste Say in Catéchisme d’Economie Politique

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