Archive for the ‘Libéralisme’ Category

Naissance d’Aperto Libro

janvier 21, 2007

Car la guerre pour la liberté ne peut être remporté sans bagages intellectuels, ce blog ambitionne de dispenser presque quotidiennement des extraits, plus ou moins étendus, d’ouvrages libéraux ou proches de ce courant.

A découvrir ici: http://aperto-libro.blogspot.com/

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Orwellienne Ségolène Royal

décembre 18, 2006


« Le libéralisme, c’est le désordre » (Ségolène Royal, 17 décembre 2006, France 5)

chez dailymotion: ici

So long, Mister Friedman!

novembre 18, 2006


La communauté libérale a appris avec une émotion certaine le décès de l’économiste Milton Friedman le 16 novembre 2006, à l’âge de 94 ans.

Superstar de l’Ecole de Chicago et co-fondateur de la Société du Mont Pélerin, il s’opposa avec véhémence aux sophismes keynesiens, alors éminement populaires, au travers de sa théorie monétariste visant à réduire l’inflation. « Capitalisme et liberté » (1962) devint rapidement un ouvrage de référence. « Rien n’est moins important que la monnaie… quand elle est bien gérée. » aimait-il à dire.

En récompense de ses brillants travaux sur la monnaie, ce libertarien reçut en 1976 le Prix d’Economie de la Banque de Suède.

Si l’on ne peut omettre la controverse sordide liée aux Chicago Boys de Pinochet, il n’en demeure pas moins que nous perdons ici un libertarien des plus appréciés, des plus pertinents qui soient

So long, Mister Friedman!

Thrasymaque et Simon sur les armes. (Partie I I)

octobre 16, 2006


Thrasymaque : Auriez-vous l’obligeance de reprendre avec moi, je vous prie, notre discussion de tantôt ?
Simon : Naturellement, maître.
Thrasymaque : Je vous remercie. Pour ne rien vous cacher, je crois déceler une faille dans le raisonnement que vous y’avez tenu.
Simon : Une faille ?
Thrasymaque : Ne suppose-t-il pas un usage des armes autres que le meurtre sauvage ?
Simon : Précisément.
Thrasymaque : Lequel ?
Simon : La légitime défense.
Thrasymaque : A la bonne heure. Mais contre qui ou quoi ?
Simon : Contre toute violence, tout crime exercés à mon encontre, qu’ils soit légaux ou illégaux d’ailleurs.
Thrasymaque : Comment cela ?
Simon : La liberté de porter ou de posséder des armes à feu découle, outre de la liberté de propriété, de la liberté de se défendre face à un agresseur.
Thrasymaque : Elle permet surtout au agresseurs d’être armés.
Simon : Cela ne change rien ne ce qui les concerne, ils trouveront quoiqu’il arrive un moyen de se procurer des armes par des trafics mafieux ou le marché noir-du moins tant qu’il subsistera la moindre liberté- laissant les honnêtes gens dépourvus à leur mercie, l’effet dissuasif de ces armes entre les mains des citoyens brillant par son absence. Sans oublier que seuls les individus les plus vigoureux seront à même de remporter un combat à armes blanches ou mains nues, ce que vous qualifiez, si je ne m’abuse, de « Loi du plus fort ».
Thrasymaque : J’en doute.
Simon : L’ Amérique nous offre pourtant un bel exemple.
Thrasymaque : Allons donc.
Simon : Vous n’ignorez pas que les dirigeants américains ont quelque peu malmené l’idéal des Pères Fondateurs, au point que les Etats et communes ont adopté au cours du 20eme siècle pas moins de vingt mille textes visant à contrôler voire proscrire le port ou la propriété d’armes à l’instar de New-York.
Thrasymaque : Eh bien, je vous avoue que je l’ignorais.
Simon : Je poursuis. En 1977, seuls huit Etats accordaient à leurs citoyens le droit de porter des armes dissimulées. De 1977 à 1992 dix autres Etats américains ont à leur instar libéralisé le port d’arme. Or, on observa une baisse significative des meurtres ( -7,7%, -20% en ce qui concerne la Floride de 1987 à 1992), des viols ( -5,3%) et des agressions violentes (-7,0%) d’après les conclusions de John Lott, directeur d’études à l’Université de Chicago, selon une analyse de 54000 données criminologiques de 3 054 communes (à lire dans More Guns, Less Crime, Chicago, University of Chicago Press, 1998).
Thrasymaque : Soit, soit.
Simon : En restons-nous là ?
Thrasymaque : Non pas. Qu’appelez-vous la violence légale ?
Simon : La violence autorisée ou exercée par des structures «politiques », légiférant et dirigeant la vie des citoyens.
Thrasymaque : Une illustration, peut-être ?
Simon : La Shoah, la colonisation, le goulag, la Terreur lors de la Révolution, la répression politique… En faire la revue tient de l’inconcevable tant ces crimes sont légions.

Thrasymaque : Certes.
Simon : Or, l’Histoire si cruelle soit-elle ne nous enseigne-t-elle pas que ces régimes mortifères ont toujours trait à la prohibition des armes, et tout spécialement des armes à feu ?
Thrasymaque : Eh bien…
Simon : Pouvez-vous ne serait-ce que concevoir un Etat autoritaire ou totalitaire sans cette prohibition ?
Thrasymaque : Assurément non.
Simon : Nous sommes donc en mesure affirmer sans se trouver péremptoires que la libre propriété des armes permet de se protéger de l’arbitraire du pouvoir ?
Thrasymaque : Je vous l’accorde.
Simon : Ainsi, car le droit de posséder et porter les armes, loin de rendre les truands plus puissants, relève du droit d’auto-défense, garant efficace de l’ensemble de nos libertés face aux atteintes faites à notre personne ou à notre propriété et ce, que les malfrats soient d’essence individuelle ou institutionnelle, en dépourvoir quiconque s’avère la pire des incitations au crime à son encontre, un risque effroyable que l’on fait courir au nom d’une sacro-sainte et soi-disant « sécurité publique » sans aucune légitimité réelle.

Thrasymaque et Simon sur les armes. (Partie I )

septembre 19, 2006


Simon : Cher maître, pourrions-nous aborder le délicat sujet des armes ?
Thrasymaque : Avec grand plaisir, jeune homme. Quoique, à la réflexion, je n’imagine pas que vous ayez un point de vue si différent du mien.
Simon : Je crains que vous ne vous avanciez trop.
Thrasymaque : Comment cela ?
Simon : La vérité vraie est que je souhaite la légalisation ainsi que la libre-circulation des armes à feu.
Thrasymaque : Jeune homme, vous déraisonnez. Voudriez-vous un retour au Far-West en France, ou à la violence meurtrière que l’on trouve en Amérique même encore de nos jours ?
Simon : Ne s’agit-il pas là d’un phénomène –trop souvent exagéré, stigmatisé en Europe- intrasèque aux Etats-Unis ? Vous en conviendrez aisément, je crois, en observant la situation en Suisse ou au Canada dont les nombres d’homicides avoisinent le notre (aux alentours de 1 pour 100 000 habitants et par an, [chiffres variant selon les années]) malgré une politique nettement moins prohibitive.
Thrasymaque : Sans doute, mais les Français ne sont ni les Suisses ni les Canadiens.
Simon : Ils ne sont pas plus les Américains que je sache.
Thrasymaque : Je vous le concède.
Simon : Et par là-même que la légalisation des armes à feu ne signifie pas inexorablement une violence exacerbée?
Thrasymaque : Ma foi, vous m’y obligez. Pour autant, il me semble que l’une des particularités peu sympathiques de ces ustensiles consiste à donner la mort sinon à meurtrir son prochain.
Simon : Il vous semble bien, maître Thrasymaque. De même qu’un couteau ou une voiture ou que la plupart des objets autour de nous dont un usage peut s’avérer létal, en quelques sortes. Or, vous ne préconisez nullement leur proscription.
Thrasymaque : Vous ne prenez pas en compte la fonction première ni des uns ni des autres.
Simon : Permettez-moi alors de vous poser cette question fort naïve au demeurant : qu’est-ce que la fonction première d’un objet?
Thrasymaque : Celle qui motive l’achat ou l’acquisition, naturellement.
Simon : Si je vous suis, la fonction première d’un objet diffère suivant les cas. Subrepticement, nous sommes passés de la fonction première d’un objet générique -id est « la voiture », « le pistolet », « le couteau »- à celui d’un objet précis appartenant à l’individu X qui en use de la manière M.
Thrasymaque : Soit.
Simon : En même temps, un autre individu Y propriétaire du même type d’objet peut en faire l’usage N.
Thrasymaque : Je le conçois.
Simon : Si le véhicule, le couteau ou même les mains de X sont utilisés sans mettre en danger la vie de quiconque (vous pouvez envisager une voiture « écologique » si cela vous chante), et que parallèlement Y s’en sert pour massacrer la moitié du pays, vous viendrait-il à l’idée de saisir le véhicule, le couteau de X puis de lui trancher les mains?
Thrasymaque : Non, c’est là un châtiment inique qu’il ne mérite pas.
Simon : Maintenant, remplaçons le couteau par une arme à feu, le raisonnement reste le même.
Thrasymaque : Je dois bien l’admettre.
Simon : Ainsi, puisque nous avons vu ensemble que l’usage particulier que font certains individus de leur propriété ne joue aucun rôle sur la légitimité même de la propriété, on ne saurait s’opposer à la légalisation des armes à feu sans nier ne serait-ce que le droit fondamental de propriété privée.

De l’avortement volontaire.

juin 22, 2006

Il est de bon aloi aujourd’hui de considérer l’avortement comme un droit acquis (de haute lutte grâce au combat des forces progressistes contre la réaction bourgeoise patriarcale), que l’on ne peut remettre en cause sans attenter à la liberté des femmes. On ne parle même plus d’ailleurs de liberté d’avorter, la liberté ayant mauvaise presse en France, mais de « droit à l’avortement ». Qu’est-ce qu’un « droit à quelque chose » sinon un faux droit consistant à imposer à d’autres individus la garantie de ce droit, ce qui se traduit ici par l’obligation faites à la société de payer les frais médicaux, baffouant le droit de propriété? A l’instar de ce qu’écrit Henri Lepage, il s’agit là d’ « une philosophie subjectiviste du droit, où chacun a en quelque sorte droit à tout ce qu’il désire pour autant qu’il réussit à en convaincre ceux qui maîtrisent l’agenda politique. Apparemment, on a droit à ce qu’on veut, et ce qu’on veut a droit d’être reconnu comme un droit universel de l’homme. ». On ne peut être plus clair : le droit « créance » à l’avortement doit être combattu sans ambiguïté par les partisans de la liberté.
Je souhaiterais m’aventurer maintenant plus en avant en abordant –suicidaire que je suis- la liberté d’avorter, sujet hautement polémique, y compris au sein même de la communauté libérale, transcendant les diverses familles. Il apparaît comme fallacieux de reprocher un libéral sa position au motif d’une hérésie philosophique, à rebours de ce qu’imaginent bon nombre de nos détracteurs : douter du libéralisme de Grunert ou de Rothbard n’a aucun sens. Ce qui distingue le libéral se retrouve dans les arguments employés et non dans la conclusion finale, ainsi que nous le verrons par la suite.
Caractérisons rapidement l’objet de mon raisonnement : l’Interruption Volontaire de Grossesse, consistant à provoquer l’expulsion de l’embryon ou fœtus humain. Aux alentours de 200 000 femmes y’ont recours chaque année en France(source : Institut National d’Etudes Démographiques), soit une conception sur 5, chiffre stable depuis 1975, année de la dépénalisation entérinée par Simone Veil. Encore une fois, notre social-démocratie crachotante a cédé à l’appel du capharnaüm relativiste dans l’élaboration de la législation : hésitation sur le statut aux yeux du code pénal, durée de validité pendant l’aménorrhée changeant selon la volonté du législateur sans aucune justification rationnelle digne de ce nom. Contre ce droit positif insensé, il s’agit dorénavant de déterminer une (je ne prétendrais pas qu’elle soit unique) position logique, cartésienne. A titre préventif (est-ce vraiment nécessaire ? ), je rappelle que l’embryon doté d’un génome humain complet (46 chromosomes en 23 paires) ne saurait être comparé à un spermatozoïde ou un ovule, tous deux haploïdes (un seul exemplaire des 23 types de chromosome).


Alors que l’argumentation utilitariste domine l’opinion publique, force est de constater son impertinence du moment que l’on pense l’être humain à naître comme un individu doté de droits -point sur lequel je reviendrai -. Si effectivement on ne peut nier qu’un enfant ou une grossesse non désirés s’avèrent trop souvent une gêne, cela ne donne aucune légitimité à l’exécution brutale du fœtus, de la même manière que l’entrave à mon ambition professionnelle que constitue un collègue brillant ne me donne aucun droit sur sa vie. Sous cet angle, les remarques inquiètes sur le sort de l’enfant à naître ou sur sa conception parfois violente sont rapidement écartées : d’un côté, le fœtus n’a aucune responsabilité dans le viol de sa mère, de l’autre, le choix entre la mort assurée et une vie potentiellement malcommode n’appartient à personne sinon à l’intéressé. Sachez mesdames, mesdemoiselles et messieurs les bien-pensants qu’une enfance malheureuse ou un handicap n ’amène pas inexorablement à une vie miséreuse. Moult exemples illustrent cette vérité oubliée dont Samuel Moore Walton, lequel n’aurait pas compris qu’on veuille l’empêcher, en 1918, de fonder Wal-mart dans les années 60 malgré une jeunesse difficile.

Je soulignais, à juste titre, que mes objections au point de vue utilitariste s’appuyaient sur un fœtus ou un embryon vu tel « un individu doté de droits », id est un être humain. Reste le plus difficile : déterminer la place de l’Homme en devenir, à savoir à l’intérieur ou en dehors du cercle de l’être humain. Ceux qui le placent en dehors arguent habituellement du fait que l’embryon ou le fœtus sont dépourvus de conscience, de par la non-finition des système nerveux et cérébraux au cours des premiers mois de grossesse. Outre qu’établir une limite, une date d’apparition s’avère hasardeux, que l’on ignore à quel type de conscience ( sensation ? spontanée ? éveil de l’organisme ? conscience de soi ? intellectuelle ? phénoménale ? morale ?) on fait référence, une analogie possible avec un individu plongé dans un coma (sans même prendre la mort cérébrale) démontre, à mon sens, la caducité de cette thèse. Plus rares, certains soutiennent que la dépendance à la matrice maternelle, l’incapacité d’action dépouilleraient le fœtus de son statut d’être humain. Je procéderai ici aussi par analogie : il convient de distinguer le gui de son hôte –parfois un autre gui- et notre individu dans le coma reste bien humain. J’ai adopté pour ma part le point de vue que je qualifierais d’ « évolutivo-phénotypologique» de Marc Grunert. Posons que l’enfant est un être humain, il en est de même pour le bébé et par là du nouveau-né. A la frontière entre le nouveau-né et le foetus (la naissance), il y a pour ainsi dire un changement de lieu et de rapport entre la mère et enfant, sans influence sur la nature même du sujet, entre le fœtus et l’embryon un changement de nom. Affirmant avec Ashley Montagu que « The basic fact is simple: life begins not at birth, but at conception. », je n’en reste pas moins modeste sur ma faculté à convaincre qui que ce soit, ou à être convaincu par quiconque.

Face à ce doute sur la nature d’être humain de l’enfant prénatal, il convient de se ramener au problème initial : peut-on le prendre pour « un individu doté de droits» ? François-René Rideau (Faré) admet son essence humaine tout en lui refusant des droits, dissociant ainsi l’être biologique de la personne juridique, en totale contradiction avec le jusnaturalisme qui accorde à chaque être biologique des droits « naturels et inaliénables». Je ne ferais pas l’affront à ce libéral brillant de démontrer que l’on pourrait justifier n’importe quel meurtre avec une telle dichotomie.Pour ma part, je me garde de cet écueil saillant pour pourvoir au fœtus comme à l’embryon les mêmes droits naturels qu’à l’enfant garantissant sa non-agression : il devient propriétaire « au repos » de son corps tandis que ses parents possèdent un droit de « propriété fiduciaire » sur lui (à charge pour eux d’agir dans l’intérêt de l’enfant) jusqu’à ce qu’il soit responsable (en cas de désaccord entre les deux parties, un tribunal trancherait- mais je m’éloigne de mon sujet).

Murray Rothbard, suivi par de nombreux libertariens, se passe de ces considérations délicates jugeant que l’embryon parasite sa mère dont il viole le droit de possession du corps. J’avoue partager cette analyse lucide. Rothbard en déduit à priori logiquement un droit de « légitime défense » face à cette agression. Je crains que cette conclusion manque de sagacité : l’enfant n’a pas choisi d’agresser et, disons-le clairement, on le lui a imposé. Ne portant pas la responsabilité de l’état de sa mère, il ne peut en être puni : « L’enfant a des Droits a priori parce qu’il est un être humain, et que lui, […]n’a rien fait qui justifie qu’on le force à y renoncer, en tout ou partie – c’est là la pertinence du fait qu’il n’a rien choisi » écrit très justement François Guillaumat.

EDIT Il est à noter que les violations de droit auxquelles nous faisons référence ici ne sont pas non plus de la même nature: l’une est éphèmère, l’autre conduit à une impasse éternelle.

Cette confrontation des droits maternels et de ceux de l’enfants tournent donc selon ce raisonnement au bénéfice de l’enfant. De quelle manière satisfaire les deux parties ? La plupart des libéraux pro-life ont foi en l’éviction, théorie basée sur l’existence d’utérus artificiel défendue entre autres par Christian Michel « J’avais quelques amis à dîner l’autre soir, et la conversation portant sur ce même sujet, j’émis l’avis que l’utérus artificiel serait le moyen de résoudre le problème. L’embryon y serait transféré aussitôt que détecté s’il violait la propriété de la femme sur son ventre. Ni meurtre pour ceux qui le jugent ainsi ; ni transgression, inconfort ou danger pour ceux qui mettent en avant les droits de la femme ; et incidemment, les droits du père, dont on ne parle pas dans la question de l’avortement, sont respectés aussi. ».

Mes espoirs reportés de cette manière sur le progrès technique pour apporter satisfaction à chacun,je persiste donc à soutenir la criminalité de l’avortement enfanticide contre les vents et marées plébéienne ou pseudo-intellectualiste.

Compte-Rendu de la Conférence de Jacques de Guénin (19 Avril 2006)

mai 24, 2006

Nous la préparions depuis des mois, elle était la principale action sur laquelle nous comptions pour nous faire connaître. La conférence que donnait Jacques de Guénin sur le thème « Oui, le libéralisme est social » fut un succès : pas moins d’une centaine de personnes étaient venus y’assister.

Jacques de Guénin, ancien cadre d’Exxon et de PSA est une figure du mouvement libéral en France depuis des années. Aujourd’hui membre actif de Liberté Chérie (où il siège au comité de direction), il préside le Cercle Frédéric Bastiat des Landes. A ce titre, il constituait un invité de marque.

L’exposé commença par un rappel pertinent de ce qu’était le libéralisme « avant tout une morale individuelle, ensuite une philosophie de la vie en société dérivée de cette morale, enfin seulement, une doctrine économique qui se déduit logiquement de cette morale et de cette philosophie. » et ses bases : la liberté et la responsabilité. Suivit une explication des mécanismes de l’économie dans une système libéral et en particulier l’échange : salaire contre travail, argent contre biens de consommation. Jacques de Guénin en profita pour aborder le problème de l’inégalité ( celle qui ressort d’échanges librement consentis opposée à l’inégalité née de la coercition, comme par exemple l’esclavage aboli par les libéraux au XIXeme siècle) et celui de l’offre et de la demande. Puis furent comparées les institutions sociales de la maison Peugeot Frère ( une caisse de retraite, deux sociétés de secours mutuels, deux sociétés d’appui mutuel en cas de décès, une caisse d’assurance contre les accidents, des logements ouvriers, trois écoles, deux cercles ouvriers, un hôpital) à celles de la Sécurité Sociale , inférieures, plus chères, moins bien gérées (mais Bastiat ne nous avait-il pas prévenu il y’a plus d’un siècle et demi ?) avant une exposition des avancées sociales dont les libéraux peuvent réclamer la paternité : les libertés syndicales, le droit de grève, l’abolition de l’esclavage… La morale libérale en accord avec ces avancées diffère, continua par expliquer Jacques de Guénin, de la morale socialiste, laquelle s’appuie sur l’Etat et la coercition, avec les conséquences que l’on connaît. Ainsi, la solidarité, la charité sont des vertus individuelles qui ne doivent pas découler d’une obligation. L’étude historique des sources de l’aide aux déshérités, montre qu’elle était plus importante, en pourcentage du niveau de vie moyen, lorsqu’elle était privée que depuis qu’elle est publique. Les politiciens, niant l’individu au nom de la société, se sont rendus complices de cette duplicité pour mieux asseoir leur pouvoir. Forts de valeurs morales (le respect des droits naturels, que l’on retrouve dans la Déclaration des Droits de l’Homme ou dans les Dix Commandements), les libéraux doivent reprendre le combat des idées, ce qui se pratique au sein de Liberté Chérie, comme le souligna Jacques de Guénin avec un clin d’œil à nos dernières actions. Le jeu des questions-réponses permit des débats intéressants que ce soit sur la concurrence, l’écologie, l’Education Nationale…

La soirée se conclut par un apéritif sympathique avec des membres de LC, des sympathisants, et bien entendu Jacques de Guénin et son épouse où nous discutâmes de sujets divers et variés.

Le comité Liberté Chérie Toulouse tient à remercier Jacques de Guénin et son épouse, l’ensemble du public et la mairie de Toulouse pour la salle.



Décès de Jean-François Revel

mai 2, 2006

Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 avril 2006, monsieur Ricard est décédé des suites de problèmes cardiaques à l’âge de 82 ans.
Cet émerite ennemi du totalitarisme, que ce soit le nazisme quand il était résistant ou le communisme en tant que journaliste et éditorialiste restera dans nos mémoires comme un des plus brillants intellectuels de ce siècle: « Pourquoi des philosophes ? », « Ni Marx ni Jésus », « La Tentation Totalitaire », « La Grande Parade », « Plats de saison », « L’obsession anti-américaine ».

Ayant lu ces trois derniers livres, je ne cache pas mon admiration pour cet académicien brillant autant que plaisant.

Pour en savoir plus: chez Revel

Tout le monde, il est libéral, mon frère. A ente…

décembre 23, 2005

Tout le monde, il est libéral, mon frère.

A entendre certains que j’ouïs bien malgré moi, la planète toute entière serait peuplée par des libéraux, dirigée par des libéraux, animée par des libéraux, pensée par des libéraux. Ces dernières années ont même vu l’ajout de deux magnifiques préfixes, ultra et néo pour désigner la main pas si invisible que ça qui gouverne l’humanité (ceci n’est pas une allusion à la main-mise des capitalistes sur l’organe du PCF, je ne suis pas cruel à ce point).

Cette obsession se lit de prime abord dans les propos des ennemis du libéralisme, lesquels ont trouvé là un bien impuissant foulard bleu à agiter à la face des veaux populaires. Toute personne censée étant tombée par hasard sur un article de la bienpensance gauchisante aura remarqué la place d’honneur que nous réserve la presse, et particulièrement Libération, L’Huma, le Monde et encore plus le Monde Diplomatique. On découvrira là que Bush le néoconservateur , Sarkozy le néo-opportuniste [j’avais écris gaulliste mais ce terme explicite mieux mon point of view] (Titre d’un article de l’Humanité du 27 mai 2005 « Sarkozy ultra-libéral sans complexe »), Blair le travailliste, Merkel la Chrétienne-Démocrate (Libération du 17 septembre 2005 : « Libérale, elle ne veut pas[..] »)appartiennent tous à la grande famille des libéraux. Les médias reprennent ici en chœur les mensonges de leurs maîtres à penser politiques. Quoique, je m’avance peut-être, on ne sait réellement qui engendre l’autre de l’ «intelligent » auto-proclamé ou la soit-disant vox populi représentée par des bouffons étatisto-collectivistes. Ces derniers usent et abusent des termes sus-cités, comme en témoignent les dernières campagnes menées. On se rappelle encore de l’embrasement du référendum du TCE. Les affiches de la LCR scandaient « Socialisme oui, Constitution libérale, non », celles du PCF « L’Europe libérale, c’est non ! » et les débats se contentaient de déterminer si oui ou non la constitution était libérale.. tout en ignorant ce qu’est le libéralisme.. Chapeau ! Les universités ont vu récemment des campagnes très anti-libérales notamment de la part de Sud Etudiants. Dès qu’on parle de réforme de l’Etat, le bon diable ultralibéral ressort de sa boîte.. ça épouvante, les cheveux se dressent sur la tête, et ça marche à merveille. L’extrème-gauche trostkysto-stalinienne fait même des émules puisque la gauche classique, l’extrême-droite et la droite extrême voire même la droite parlementaire fustigent la philosophie du Droit et de la Liberté que l’on accuse de tous les maux du siècle. Nos détracteurs arrivent aujourd’hui à faire passer pour libéral tout ce qui repousse : la Chine, le FN, le MEDEF, le travail des enfants, l’esclavage…sans difficulté ni scrupules d’ailleurs car seul le but ultime compte, la vérité n’a pas plus de place que la logique.

Néanmoins, ces clowns grotesques n’atteignent pas les sommets de la confusion que l’on observe à l’étranger. Le cas le plus connu se trouve aux USA où les liberals sont en réalité des gauchistes bien-pensants, que l’on pourrait comparer avec le NPS, des communistes modérés, des «progressistes» qui ont pris cette étiquette fort étrange au cours des années 50 en vue d’échapper au McCarthysme. En France, ceci n’a toujours pas été assimilé, ce qui entraîne le lieu commun « Les USA sont beaucoup plus à droite que la France, j’en veux pour preuve que les libéraux y sont considérés comme des gauchistes ». Piège grossier dans lequel on tombe tant. Les libéraux états-uniens ont, quant à eux, repris le terme «libertarian» (on retrouve cette appellation dans les contrées francophones, libertarien désignant, en quelques sortes, un libéral radical). Un autre galvaudage, nettement moins fameux, s’est déroulé en Angleterre au début du XXeme siècle : le liberal party au pouvoir était devenu tellement étatiste que l’on y’a vu des gens comme Keynes, à mille lieues de la pensée libérale.

[Je n’exempterai pas de mes critiques la communauté libérale, si désespérée qu’elle se raccroche souvent à des bouées. Il suffit qu’une personnalité critique le système, aborde le sujet des Droits de l’Homme pour apercevoir un embrasement «Et si Machin Chose était libéral ?» avant de revenir rapidement au triste monde réel.]

Or, qu’est-ce que le libéralisme ? Je l’ai écrit plus haut, il s’agit d’une philosophie du Droit et de la Liberté prônant la primauté de l’individu. Je résumerai les grands principes en quelques notions : la liberté, la propriété privée, la responsabilité, l’isonomie (l’égalité en Droit), le principe de non-agression (prendre «agression» au sens large), en bref un héritage de la pensée humaniste.

Immigration : que faire ? Cela est devenu un li…

octobre 9, 2005

Immigration : que faire ?

Cela est devenu un lieu commun : l’immigration (qui vient du latin immigrare, « pénétrer dans », ce qui ne veut pas dire que les immigrées sont des filles faciles) pose problème. Pardon, les immigrés posent problème. D’un côté on a les pourfendeurs de « bougnoules », « bridés » et autres « bamboulas » que vous pouvez croiser si le cœur vous en dit à la Fête des Bleu Blanc Rouge ou à la sortie du tribunal. Ils craignent la fin de la France, les violeurs de petite vierges, la violence, le rap (ce que je comprend tout à fait), le thé à la menthe, les francs-maçons et le kebab. De l’autre côté se trouvent les soi-disant amis du genre humain : SOS Racisme, PS, PCF, Verts, LCR, alter mondialistes, Droit Au Logement, sans oublier le syndicat des éboueurs (ou les éboueurs des syndicats). A leurs habitudes, ils prônent la « solidarité » obligatoire en criant « tous les travailleurs sont frères », les problèmes étant bien entendu exagérés par les médias ( TF1 en tête parce que, tu comprends, camarade, c’est privé). Et puis tout ça c’est parce qu’ils sont pauvres, camarade, tu ne les as pas aidés (le petit côté déterministe-situationniste qui ressort).

Nier les failles du système français constituerait une erreur majeure. Ayant passé quatre années de ma scolarité en ZEP, les ornières devant mes yeux de chérubins ont vite disparu, laissant place à l’époque à une vision très anglo-saxonne de l’immigration, avec le système de point que l’on connaît en Australie ou, dans une certaine mesure au Canada. J’ai depuis évolué.

Il convient, comme à l’habitude, de prendre deux approches en considération : celle du droit naturel et celle de l’efficacité, le côté plus pratique de la chose

La liberté de circulation constitue un pilier de la liberté individuelle. Aucune entité qu’elle soit individuelle,associative, privée, publique, étatique, ne doit m’interdire de me rendre là où je le désire s’il n’en est le propriétaire et si ce dernier m’a donné son accord. Les frontières entre nations s’apparentent trop souvent à des barrières clôturées qui réduisent cette liberté de circulation, ce qui ne préoccupent guère les xénophobes frileux hurlant au « chacun chez soit ». Ce raisonnement simpliste que l’on retrouve fréquemment chez des personnes apparemment très bien cache mal la volonté de s’approprier ce qui ne nous appartient pas : Un pays n’est pas une propriété collective, mais la somme de propriétés individuelles sur lesquelles seul le droit naturel est à respecter et non la volonté de la majorité des autres propriétaires. Une limitation étatique de l’immigration est une violation de la liberté de circulation et du droit de propriété. D’ailleurs est-ce vraiment l’immigration qui pose un problème ? Regardons l’Amérique et l’Australie. Qui a apporté la richesse si ce n’est les immigrés ?

Personne n’a le droit d’interdire à l’Homme Libre de circuler où il le souhaite s’ il respecte les droits fondamentaux.

Nous voici donc arrivés au moment où l’on accepte que tout homme libre puisse résider en France. Fort bien. Seulement, le problème n’est pas résolu : « Quoi ? mais alors tout le monde va venir chez nous pour profiter de nos avantages ? Vous êtes fou à lier, m’sieur Aubert .» Je m’en vais vous rassurer de ce pas: cette libération (ou libéralisation) de l’immigration ne peut pas tenir et ne doit pas être sans une diminution drastique des aides sociales. Elle ne doit pas, car les aides sociales qu’elles aillent à un Français de souche ou à un immigré relèvent toujours du vol, puisque pris sans consentement au « donateur » ( appelé couramment contribuable, donateur serait trop sympathique). Elle ne peut pas pour une simple raison pratique : ce serait une ruée vers la France qui achèverait définitivement le pays.

Donner des aides sociales serait du du vol et un suicide financier

On s’aperçoit ici qu’encore une fois, sur la question de l’immigration libérée et desétatisée, le déontologisme rejoint l’utilitarisme, ce qui, il me semble, prouve la cohérence du raisonnement ( tiens, mes chevilles enflent démesurément…), en restant dans le cadre libéral du respect de la liberté et des droits naturels par l’Etat minimal.

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