Ni Kafka, ni Joyce, ni Proust (Mario Vargas Llosa)


Ni Kafka, ni Joyce, ni Proust n’ont eu besoin de l’appui de l’Etat pour écrire ce qu’ils ont écrit, ni l’oeuvre d’un Wajda, d’un Tadeusz Kantor ou d’un Grotowski n’a résulté des subventions culturelles du socialisme. Et ces six créateurs, bien qu’ils ne soient pas faciles et qu’ils exigent de leurs lecteurs ou spectateurs un effort intellectuel, ont trouvé un public qui pour les six est allé en s’élargissant, comme les cercles concentriques. Une société doit avoir l’art et la littérature qu’elle mérite : ceux qu’elle est capable de produire et ceux qu’elle est prête à payer. Et il est bon que les citoyens assument aussi dans ce domaine leurs propres responsabilités sans y renoncer devant les fonctionnaires, pour éclairés qu’ils soient.

Mario Vargas Llosa in Les enjeux de la liberté (Desafíos a la libertad)

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