Biocarburants : un désastre, conséquence de l’escroquerie verte

Une note de Vincent Bénard (que nous remercions vivement) parue sur Objectif Liberté.

Sans une cohorte de politiciens stupides, il ne serait sans doute jamais venu à l’idée d’hommes sensés l’idée de faire pousser du maïs ou du colza pour faire rouler des voitures: le pétrole est une ressource bien moins coûteuse pour cet usage, l’hydrogène devrait l’être également sous une cinquantaine d’années, et compte tenu des rendements agricoles escomptables à court, moyen et long terme, les surfaces arables disponibles sont insuffisantes pour permettre de propulser tout notre parc automobile sans gravement remettre en cause la disponibilité de surfaces agricoles pour ce qui a toujours été la première destination des terres cultivées: nourrir les hommes, directement ou via la nourriture du bétail.

J’ai déjà eu l’occasion de dire tout le mal que je pensais des politiques visant à introduire, par la fiscalité et les subventions, des signaux de prix totalement faussés poussant les exploitants agricoles à sacrifier des forêts de valeur ou des terres pour fabriquer des bio-fuels. Comme je l’écrivais à l’époque,

Soit le réchauffement climatique d’origine humaine est une erreur conceptuelle, et utiliser le sol pour produire des biocarburants au lieu de nourrir les hommes est une complète aberration, soit l’effet de serre anthropique est une réalité, et utiliser le sol pour produire des biocarburants au lieu de nourrir les hommes est une complète aberration.

J’étais encore au dessous de la réalité. Il apparaît aujourd’hui que si le CO2 rejeté par les humains est réellement un danger pour notre planète et son climat (j’en doute toujours, mais ce n’est pas la question), alors la politique visant à pomper des surfaces agricoles pour produire des bio-carburants est véritablement un facteur d’accroissement du danger. Selon cet article du New York Times,

The benefits of biofuels have come under increasing attack in recent months, as scientists took a closer look at the global environmental cost of their production. These latest studies, published in the prestigious journal Science, are likely to add to the controversy.

These studies for the first time take a detailed, comprehensive look at the emissions effects of the huge amount of natural land that is being converted to cropland globally to support biofuels development.

The destruction of natural ecosystems — whether rain forest in the tropics or grasslands in South America — not only releases greenhouse gases into the atmosphere when they are burned and plowed, but also deprives the planet of natural sponges to absorb carbon emissions. Cropland also absorbs far less carbon than the rain forests or even scrubland that it replaces.

Together the two studies offer sweeping conclusions: It does not matter if it is rain forest or scrubland that is cleared, the greenhouse gas contribution is significant. More important, they discovered that, taken globally, the production of almost all biofuels resulted, directly or indirectly, intentionally or not, in new lands being cleared, either for food or fuel.

“When you take this into account, most of the biofuel that people are using or planning to use would probably increase greenhouse gasses substantially,” said Timothy Searchinger, lead author of one of the studies and a researcher in environment and economics at Princeton University. “Previously there’s been an accounting error: land use change has been left out of prior analysis.”

These plant-based fuels were originally billed as better than fossil fuels because the carbon released when they were burned was balanced by the carbon absorbed when the plants grew. But even that equation proved overly simplistic because the process of turning plants into fuels causes its own emissions — for refining and transport, for example.

The clearance of grassland releases 93 times the amount of greenhouse gas that would be saved by the fuel made annually on that land, said Joseph Fargione, lead author of the second paper, and a scientist at the Nature Conservancy. “So for the next 93 years you’re making climate change worse, just at the time when we need to be bringing down carbon emissions.”

Pour ceux que l’éducation nationale a durablement fâché avec la langue de Benny Hill, un rapide résumé:

« des études montrent que non seulement la destruction de milieux naturels forestiers ou de brousses en vue de produire des biofuels relâche beaucoup de CO2 dans l’atmosphère, mais que les terres ainsi occupées absorbent nettement moins de CO2 que les milieux antérieurs, qui étaient de véritables éponges à CO2. En outre, comme il faut bien produire de quoi manger, des forêts supplémentaires, autres puits de carbone, tendent à être également détruites. Même la destruction d’aires engazonnées relâche 93 fois plus de carbone que le CO2 économisé annuellement par le remplacement des fuels fossiles par des biocarburants. La comptabilité qui a abouti à faire croire que le bilan CO2 des biofuels était positif était bien trop simpliste, négligeant gravement la conséquence des changements d’affectation du sol et les cycles de production de CO2 engendrés par les processus de fabrication des biocarburants par eux mêmes. « 

Une pétition est lancée par de nombreux scientifiques pour tenter de convaincre George W. Bush et Nancy Pelosi, leader de la majorité démocrate au congrès, de renoncer aux politiques favorisant les biocarburants.

Bref, non seulement la destruction massive de forêts pour produire des bio-carburants est un désastre écologique pour la biodiversité par elle même (de nombreuses études, notamment allemandes, ont montré que les grandes aires dédiées aux monocultures intensives étaient bien moins favorables à la biodiversité que les forêts naturelles – On s’en serait un peu douté…), non seulement la production de biocarburants déséquilibre gravement les marchés mondiaux des céréales, ce qui affecte en priorité les populations des pays les moins riches, mais en plus, elle va à l’encontre de l’objectif recherché de réduction des émissions de CO2, que ce soit pertinent ou pas.

Non seulement il serait temps d’abandonner toute politique d’encouragement des biocarburants, mais à la lumière d’échecs aussi flagrants de décisions politiques fondées sur une science aussi douteuse, il serait plus qu’approprié de décréter une pause dans toutes les politiques de « lutte contre le réchauffement climatique » décidées à la va-vite par des gouvernements soucieux de coller aux idées à la mode sans aucune préoccupation de vérifier la qualité de la science derrière ces décisions. Il faut prendre le temps d’en mesurer avec rigueur toutes les conséquences, car lenteur des phénomènes dont il est question nous permet de consacrer sans crainte la dizaine d’années qui vient à améliorer en priorité notre connaissance du climat et des conséquences de ses variations, naturelles ou provoquées, et rend inutile, voire nuisible, toute précipitation.

Malheureusement, tant la production de biocarburants que l’érection d’éoliennes géantes, autre stupidité sur laquelle je prendrai prochainement le temps de m’étendre, sont l’objet de subventions massives, lesquelles ont durablement orienté des pans entiers de l’industrie vers ces secteurs soutenus artificiellement. Il y a d’ailleurs actuellement une véritable bulle spéculative qui est en train de se former autour des actions de l’industrie éolienne, qui ne demande qu’à éclater. Non seulement ces subventions sont en train de faire beaucoup de mal à la planète qu’elle prétendent contribuer à « sauver », mais les lobbys qui en bénéficient feront tout pour en empêcher l’abandon, ce qui devrait rendre très difficile un retour à une situation « normale », où l’état ne se mêle pas de diriger l’argent des contribuables vers sa lubie du moment.

Loin des bonnes intentions qu’elle affiche, l’écologie sectaire doit être considérée comme un crime contre la planète et ses habitants.

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