Dévorer la botte… (Maurice G. Dantec)


Au lieu de bêtement suivre le conseil d’un philosophe allemand de l’époque-encore un!- ils avaient tous et chacun compris que non seulement il était possible d’écrire après Auschwitz mais mieux encore, que cela était devenu plus que jamais nécessaire.
Les camps nazis ou communistes ne les ont pas fait taire. Le Camp-Monde n’y parviendra pas, lui non plus. Car je suis l’Orchestre du Camp, je suis ce qui les fait renaître au milieu de l’Anus Mundi.
Le silence n’est pas une réponse au bâillon appliqué sur la bouche. Il en est la triste conséquence, et le reste n’est que sophisme.
Un jour Chrysler Campbell lui avait parlé d’un aphorisme de George orwell, un auteur du milieu du siècle passé, dont le livre le plus célèbre avait presque prévu terme à terme le monde de la Métastructure. Cet écrivain avait dit un jour que l’avenir ressemblerait à une botte qui, éternellement, écraserait une bouche.
Chrysler lui avait indiqué qu’un écrivain français, dont il avait oublié le nom, avait poursuivi l’aphorisme en disant: Mais il reste une chance à la bouche. Elle peut, si la volonté est suffisante, dévorer la botte et le pied qui à l’intérieur.
Je suis la bouche, pensa Link de Nova, et je suis affamé, la botte n’a qu’à bien se tenir.

Maurice G. Dantec in Grande Jonction

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